Lebas André

Lebas Mathilde

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10622 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. André Lebas
Date de naissance : 27/10/1901
Date de décès : 02/06/1970
Profession : Préparateur en pharmacie
Particularité : Information non disponible

Mme Mathilde Lebas (née Donet)
Date de naissance : 26/03/1900
Date de décès : 06/12/1994
Profession : Conseillère municipale, mère au foyer
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Fresnay-sur-Sarthe
Département : Sarthe
Région : Pays-de-La-Loire
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 26 avril 2006
Lieu : Fresnay-sur-Sarthe (72130)

Personnes sauvées

M. Paul Jacob

M. Michel Jacob

M. Maurice Jacob

M. Bernard Jacob

Mme Germaine Jacob (née Dreyfus)

Lieux de mémoire

Plaque en hommage à Mathilde et André LEBAS
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

André et Mathilde Lebas Mathilde et André Lebas avec leurs dix enfants, neuf filles et un garcon, résidaient à Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe). Il était préparateur en pharmacie, mais de fait il remplaçait le pharmacien de Fresnay. Sous l’Occupation, Mathilde était conseillère municipale. Au début des hostilités, elle et ses enfants étaient partis sur les routes de l’exode, expérience qu’elle revivait pour la seconde fois. Originaire de Longwy (Moselle), elle avait déjà fui devant l’invasion allemande en 1914. Sa maison avait été rasée et ses deux frères grièvement blessés au combat. En 1940, elle s’était repliée à Pleumartin avec ses enfants et installée chez une dame qui lui dit : « je n’ai qu’une seule chambre de libre. L’autre est occupée par des Juifs ». Ainsi fit-elle connaissance des Jacob. Les deux familles sympathisèrent et restèrent en contact après leur retour au foyer. Les Jacob habitaient à Champagne-sur-Oise et Paul, le père, était boucher. En 1943, le maire de Champagne, M. Baylac, leur conseilla de fuir parce qu’informé de leur arrestation imminente. Il leur fournit des faux papiers d’identié et des titres d’alimentation au nom de Jabert. Ils écrivirent alors à Mathilde lui demandant s’ils pouvaient venir se réfugier chez elle. Le couple accepta malgré ses conditions de logement modestes. Les Lebas logeaient à douze dans trois chambres et les toilettes étaient à l’extérieur. Ils hébergèrent pourtant le couple Jacob et leur plus jeune fils, Bernard, 8 ans, jusqu’à la Libération. Ils l’inscrivirent à l’école catholique de Fresnay, avec leur propre fils. André qui avait de nombreux contacts parmi les agriculteurs, plaça les deux autres fils Jacob comme ouvriers agricoles: Michel, 19 ans, chez la famille Agen et Maurice, 16 ans, chez la famille Pehan. Mathilde renouvela tous leurs papiers d’identité et titres d’alimentation. Les Lebas couvrirent de leur protection la famille Jacob jusqu’à la fin des hostilités. D’autres habitants de Fresnay abritaient des Juifs mais personne n’en parlait.       

Le 20 juin 2005, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Mathilde et André Lebas le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

En 1940, lors de l'exode, les familles Jacob et Lebas se rencontrent dans un village de la Vienne. Une amitié se noue entre les deux couples. Puis vient le temps du retour, les familles s'échangent leurs adresses et c'est le début d'une correspondance régulière jusqu'en 1942. Cette année là, M. Jacob est arrêté et interné à Drancy, d'où il réussit à sortir grâce à la complaisance de deux officiers allemands à qui il avait sauvé la vie.
André Lebas, toujours en contact avec la famille Jacob, propose sans se soucier du danger de les accueillir chez lui à Fresnay-sur-Sarthe. Les Jacob changent leur nom en Jabert grâce au maire qui leur fournit de faux papiers. M. Lebas est pharmacien à Fresnay-sur-Sarthe et connaît beaucoup de monde. Il entre en contact avec trois agriculteurs qui acceptent d'embaucher le père et les deux fils aînés. Mme Jacob est restée auprès de Mathilde Lebas pour l'aider. Le plus jeune fils est scolarisé à l'école Saint- Joseph.
Mathilde Lebas obtient, grâce à sa présence au conseil municipal, des cartes d'alimentation supplémentaires pour nourrir ses protégés. A la Libération, la famille Jacob a quitté ses protecteurs avec beaucoup d'émotion.