Collomb Yvonne

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10690 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Yvonne Collomb (née Verdier)
Date de naissance : 12/05/1910
Date de décès : 02/09/1997
Profession : Employée des Télécommunications
Particularité : Mère d'1 enfant

Localisation

Localite : Paris
Département : Paris
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 29 mai 2006
Lieu : Mairie d’Ivry sur Seine (94205)

Personnes sauvées

Mme Huberman

Mme Berthe Rappaport

Lieux de mémoire

Le parcours sonore des Justes de Paris
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Yvonne Collomb Yvonne Collomb, jeune veuve et simple employée, résidait rue de Belleville à Paris, avec son père et Paule, sa fille de 6 ans. Elle avait de nombreux voisins juifs et s’était liée en particulier avec la famille Rappaport dont la fille Berthe était du même âge que Paule. Le jour de la rafle du Vel’d’Hiv’ à l’aube, les gendarmes vinrent arrêter les Rappaport. Son père eut le temps de cacher Berthe sous un lit. Au moment où elle fut découverte, Yvonne arriva, demandant «mais qu’est ce que ma fille fait ici ?». Elle emmena l’enfant chez elle et la garda le temps de prendre contact avec ses grands-parents. Ses parents furent arrêtés, déportés et mis à mort. Son père eut encore l’occasion d’envoyer à Yvonne des cartes postales du camp de Jawischowitz pour prendre des nouvelles de sa fille, jusqu’à ce que cesse tout signe de vie. Les grands-parents de Berthe furent arrêtés et déportés à leur tour et Yvonne l’hébergea à nouveau. Elle lui trouva une famille d’accueil dans le Cher-et-Loir où l’enfant fut maltraitée. Elle la transféra alors dans le Cantal chez une autre famille. Berthe dormait à l’étable et était employée aux travaux de la ferme. Elle y resta jusqu’à la fin de la guerre. Mais Yvonne prenait soin de verser régulièrement aux familles d’accueil la pension pour l’entretien de l’enfant. A son départ pour l’Angleterre après la guerre, elle lui remit quelques biens qu’elle avait récupérés de l’appartement de ses parents. Le jour de la rafle du Veld’Hiv’, après qu’elle ait sauvé Berthe, quelqu’un avait frappé à sa porte. C’était Mme Huberman, une autre voisine en danger d’arrestation, qui l’implora de la cacher chez elle. Yvonne la fit entrer et la dissimula dans un placard. Quand les gendarmes vinrent l’y rechercher, elle les invita à fouiller eux-mêmes. Ils repartirent sans découvrir la fugitive. Mme Huberman fut sauvée et après la Libération, garda des liens solides avec Yvonne.       

Le 30 octobre 2005, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Yvonne Collomb le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

En 1936 nait à Paris une petite fille, Berthe, enfant unique de Josek et Millie Rappaport. La famille vit à Belleville sur le même palier qu'Yvonne Collomb, une jeune veuve dont la fille, Paule, a le même âge que Berthe. Les relations entre voisins sont très vite amicales. Lors de la grande rafle de juillet 1942, Josek aperçoit des officiers SS et des gendarmes français dans la cour. Il s'enferme avec sa femme et sa fille dans la chambre, mais la porte est bientôt enfoncée à la hache. On demande aux parents de préparer une petite valise. C'est alors qu'Yvonne Collomb entre, prend l'enfant par la main et dit "mais que fait ma fille ici?". Immédiatement elle l'emmène et la cache chez elle sous la table. C'est là que Berthe dormira désormais. Yvonne emmène Berthe visiter ses grands-parents, Bubba et Zeda, qui sont peu après arrêtés à leur tour. L'enfant restera sans famille mais sauvée et en sécurité chez sa voisine de palier.

Plus tard, Yvonne Collomb conduit Berthe chez des parents à Mondoubleau, puis en Auvergne où elle reste jusqu'en 1945.

La vie y sera rude, l'enfant vit avec les animaux, elle a froid et faim mais elle est vivante. Après la guerre, Yvonne a ramené sa protégée à Paris et l'a gardée avec elle jusqu'à ce que son oncle vienne la chercher pour l'emmener en Angleterre, où elle a fait sa vie et réside encore.