Monod Gérard

Monod Madeleine

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10743 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Gérard Monod
Date de naissance : 18/09/1887
Date de décès : 14/08/1966
Profession : Ingénieur,Propriétaire terrien
Particularité : Information non disponible

Mme Madeleine Monod (née Vautier)
Date de naissance : 20/12/1891
Date de décès : 11/02/1980
Profession : Sans profession,Propriétaire terrien, mère de 5 enfants
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Aubergenville
Département : Yvelines
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 30 septembre 2007
Lieu : Mairie d'Aubergenville (78410)

Personnes sauvées

Mme Denise Alliany (née Valachman)

M. Henri Valachman

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Madeleine MONOD   MONOD Gérard Madeleine et Gérard Monod, ingénieur des Ponts et Chaussée, résidaient à Paris. Dans le courant des années trente, le couple acquit une propriété à proximité d’Aubergenville (Yvelines). Cette propriété, nommée Montgardé, comprenait le « grand château » et le « petit château » ainsi que des annexes réservées au jardinier et au garde. Sous l’Occupation, le couple, de confession protestante, mit le petit château à la disposition de l’ordre des Diaconnesses dont la maison-mère se trouvait rue de Reuilly à Paris. Elles y géraient une clinique, un établissement pour handicapés mentaux et recueillaient des enfants de milieux défavorisés qu’elles orientaient vers l’orphelinat de Montgardé. Dans le courant de l’année 1942, Mme Valachman subit une intervention chirugicale à la clinique de la rue de Reuilly. Les Valachman, Juifs étrangers, avaient été éprouvés par l’arrestation du père de la famille en mai 1941. Incarcéré à Pithiviers et déporté à Auschwitz en juin 1942, il fut mis à mort deux mois plus tard. Durant son séjour à la clinique, Mme Valachman avait fait la connaissance du Pasteur Lauga, directeur spirituel de l’établissement pour handicapés mentaux de la rue de Reuilly. Avec l’aide des sœurs Annette et Viviane Matter* qui géraient l’établissement, ils y ont caché Mme Valachman durant toute la guerre en tant qu’infirmière. Le Pasteur adressa ses deux enfants, Henri, 17 ans, et Denise, 8 ans, à Gérard Monod qui plaça Denise à l’orphelinat de Montgardé pendant deux mois. Par suite d’un contrôle allemand, les Monod la rapatrièrent chez eux à Paris et lui trouvèrent une famille d’accueil à Délincourt (Oise). Le couple envoya aussi Henri à Montgardé où la famille Haag qui gérait les terres de la propriété l’employa comme garçon de ferme. Les motivations des Monod étaient religieuses, humanitaires et patriotiques.        

Le 26 décembre 2005, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Madeleine et Gérard Monod le titre de Juste parmi les Nations.

 

Gérard MONOD

Le témoignage

De confession protestante, Gérard et Madeleine possédaient des parts dans le complexe hospitalier des Diaconesses à Paris XIIème, rue du Sergent Bauchat et sont mis au courant par le Pasteur LAUGA qu'une famille juive est recherchée. Le père, Zadoc VALACHMAN est arrêté en 1941 puis déporté à Auschwitz le 25 juin 1942 par le convoi n°4, il y sera gazé le 12 août 1942.
Il faut d'urgence que Madame VALACHMAN et ses 2 enfants – Henri et Denise - soient mis en sécurité. Sur recommandation de Gérard et Madeleine MONOD, parents de 5 enfants, la maman Cyla VALACHMAN est cachée comme infirmière à l'hôpital des Diaconesses à Paris où elle restera employée jusqu'à la Libération.
Henri, alors âgé de 17 ans, est envoyé au Château de Montgardé appartenant à Monsieur & Madame MONOD où il travaille comme jardinier chez les HAAG, fermiers-métayers sur la propriété. Denise, 8 ans, séjourne pendant 2 mois à l'orphelinat situé sur la propriété des MONOD et fréquente l'école du village d'Aubergenville.
Des religieuses ayant été averties de l'imminence d'un contrôle et d'une rafle éventuelle, Denise est ramenée d'urgence à Paris où elle reste cachée dans l'appartement de Gérard et Madeleine, avenue Henri Martin.
A la Libération, Denise et Henri retrouvent leur mère.
Tous 3 doivent leur survie à la conduite héroïque de Gérard et Madeleine : Henri VALACHMAN et Denise ALLIANY leur en sont reconnaissants et expriment leur gratitude aux habitants et employés municipaux du village d'Aubergenville.