Mazier Laurent

Mazier Marie

Viateau Catherine

Année de nomination : 2007      Dossier n° 11062 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Laurent Mazier
Date de naissance : 15/08/1906
Date de décès : 22/11/1986
Profession : Employé à la SNCF (aux wagons-lits)
Particularité : Catholique pratiquant

Mme Marie Mazier (née Viateau)
Date de naissance : 09/11/1909
Date de décès : 13/01/2006
Profession : Cartonnière (pliage et confection de boîte d'emballage pour objets de luxe)
Particularité : Catholique pratiquant

Mme Catherine Viateau (née Chassaing)
Date de naissance : 28/01/1889
Date de décès : 1961
Profession : Femme de ménage
Particularité : Catholique pratiquant

Localisation

Localite : Paris
Département : Paris
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 29 mai 2008
Lieu : Mairie de Chelles (77500)

Lire le compte-rendu

Personnes sauvées

Mme Chana Gontowicz

Mme Madeleine Kuhn (née Gontowicz)

Lieux de mémoire

Le parcours sonore des Justes de Paris
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Laurent et Marie Mazier   Viateau Catherine Abram et Chana Gontowicz, originaires de Pologne arrivèrent en France en 1930 et s’installèrent à Paris, où leur fille Madeleine naquit l’année suivante. Ils vivaient au cinquième étage d’un immeuble du 11ème arrondissement. Dans le même immeuble habitaient Laurent et Marie Mazier et leur fille Raymonde, du même âge que Madeleine. Les deux fillettes allaient ensemble à l’école et devinrent de grandes amies. La mère de Marie Mazier, Catherine Viateau demeurait aussi dans cet immeuble.

En mai 1941, Abram Gontowicz fut convoqué au commissariat de police et immédiatement transféré au camp d’internement de Beaune-la-Rolande dans le Loiret. En 1942, il fut déporté à Auschwitz par le convoi N° 5 où il fut assassiné. Restée seule avec sa fille, Chana décida de rester à Paris espérant que la situation s’arrangerait. Mais en juillet 1942, des vagues massives d’arrestations de Juifs commencèrent dans la capitale. Le 15 juillet, quelques heures avant la rafle, Chana croisa un gendarme dans la rue qui la prévint de ne pas rester chez elle la nuit suivante. Effrayée, elle se précipita chez les Mazier avec Madeleine ne sachant que faire. Laurent et Marie comprirent immédiatement et dirent simplement à Chana de rester chez eux. Catherine Viateau laissa son appartement à Chana et Madeleine tandis qu’elle s’installait chez sa fille et son gendre.

Chana et Madeleine restèrent plusieurs mois dans l’appartement de Madame Viateau, dépendant totalement de leurs amis. Elles ne sortaient jamais et bougeaient à peine craignant d’être dénoncées, car un collaborateur vivait dans le même immeuble. Les Mazier passaient chaque jour leur apporter tout ce dont elles avaient besoin, vêtements, nourriture et vidaient même le seau hygiénique, car il n’y avait pas de toilettes dans l’appartement.

Raymonde partageait le secret avec ses parents et se souvient qu’un jour un voisin, Monsieur Charropin lui demanda où ses amis avaient disparu et qu’elle avait prétendu ne pas savoir, comprenant qu’elle devait garder le secret sur la famille juive cachée dans l’immeuble.

Après quelques mois, il devint trop dangereux pour Chana et Madeleine de rester dans l’appartement de Madame Viateau. Les Mazier envoyèrent Madeleine dans une institution catholique où elle resta jusqu’à la fin de la guerre. Chana entra en clandestinité, changeant fréquemment de cachette. Marie Mazier allait voir Madeleine régulièrement lui apportant des bonbons et lui donnant des nouvelles de sa mère.

Grâce à leurs amis qui refusèrent toute compensation pour leurs actes courageux, Chana et Madeleine Gontowicz survécurent à la guerre. Les deux familles gardèrent des contacts étroits jusqu’en 1970, date où Raymonde déménagea avec sa famille. Raymonde et Madeleine se sont retrouvées des années plus tard et leur amitié perdure.

Le 7 mai 2007, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Laurent Mazier, à son épouse Madame Marie Mazier et à Madame Catherine Viateau