Larue Madeleine

Larue Théophile

Année de nomination : 2007      Dossier n° 11147 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Madeleine Larue (née Cardot)
Date de naissance : 28/02/1908
Date de décès : 31/01/2002
Profession : Vendeuse
Particularité : Information non disponible

M. Théophile Larue
Date de naissance : 28/08/1903
Date de décès : 11/01/1985
Profession : Gardien de la Paix à la préfecture de police de Paris
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Paris
Département : Paris
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 24 novembre 2005
Lieu : Radio France (75016)

Lire le compte-rendu

Personnes sauvées

Mme Fanny Brand

Mme Chuma Brand (Lichtensztejn)

M. Simon Glicensztajn

M. Léon Osman

Mme Josiane Soulier (née Glicenszajn)

Mme Laja Tobjasz (née Glicensztajn)

Lieux de mémoire

Le parcours sonore des Justes de Paris
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Théophile_LARUE   Madeleine LARUE Au numéro 2 de la rue du Sabot, à Paris 6ème, vivait Monsieur Théophile Larue, agent de police, sa femme Madeleine, et leurs deux enfants, Monique et Alain. Dans le même immeuble, demeuraient plusieurs familles juives.

Grâce à sa situation de policier en uniforme, aidé par son épouse Madeleine, Mr Larue a sauvé de nombreux juifs en grand péril durant toute la période de l'occupation, Il était en outre engagé dans le réseau "Ceux de la Résistance"

Dès le mois de mai 1941, époque des premières rafles, les Larue accueillent chez eux Léon Osman, lui évitant d'être envoyé au camp de concentration de Pithiviers. Ils l'hébergeront jusqu'en juillet 1942, date de son départ en zone libre.

Les multiples témoignages qui relatent leurs exploits expriment tous admiration et reconnaissance pour leur dévouement sans limites.

Le 15 juillet 1942, Monsieur Larue prévient tous ses voisins juifs de l'imminence d'une rafle importante.
De plus, les Larue cachent chez eux durant une semaine Madame Lichtensztajn et sa fille Fanny. Puis, pour faciliter leur départ en zone libre, il les accompagne lui-même à la gare d'Austerlitz. Ce qu'il a fait, aidé par un agent de la SNCF, pour plusieurs familles juives, au nez et à la barbe des allemands. En outre, il était en communication avec son beau-frère, Robert Cardot, résistant à Evreux, qui fabriquait de faux-papiers d'identité pour ses protégés.

Ses voisins Tobjasz arrivent de St-Quentin. Monsieur Larue est à la gare du Nord pour leur éviter d'être arrêtés, prenant ce risque pour lui-même. De plus, il se rend en pleine nuit dans leur appartement sous scellés pour retirer un stock de marchandise qui leur permettra de travailler et de survivre.

En novembre 1942, Monsieur Simon Glicensztajn est en grande difficulté, il est lui aussi accueilli et hébergé généreusement par le couple Larue.

C'est une période de tous les dangers, et Théophile Larue prend de plus en plus de risques. Dans le métro, il aborde les voyageurs porteurs de l'étoile jaune, effrayés probablement par son uniforme. Il les incite à retirer leur étoile et les avertit des futures rafles.

Bien souvent, les Larue hébergent dans la journée des petites filles juives et leurs mamans. La consigne, pour les enfants Larue, Monique et Alain, est d'affirmer qu'il s'agit de leurs petites cousines. Pour la nuit, Monsieur Larue les met en sécurité chez une concierge de la rue de Rennes.

En novembre 1942, leur voisine Madame Tobjasz est arrêtée et conduite à la préfecture. Que fait Théophile Larue ? Il revêt son uniforme et va immédiatement la chercher. Il demande à parler au responsable qui n'est pas dupe, prétend qu'elle n'est pas juive et qu'elle est la marraine de sa fille. Et le miracle a lieu, Madame Tobjasz est relâchée et n'oubliera jamais cet acte de courage extraordinaire.

Inlassablement, le policier résistant Théophile Larue poursuit son oeuvre de sauvetage jusqu'à la Libération à laquelle il participera activement, de la grève insurrectionnelle du 15 aout 1944 aux combats du 18 au 24 aout 1944.

Le péril était grand pour Madeleine et Théophile Larue, ainsi que pour leurs enfants, mais leur humanisme dominait et les a amenés à sauver de nombreuses vies.

Après la libération des relations de grande amitié ont perduré entre les Larue et leurs protégés qui n'ont jamais manqué de témoigner leur reconnaissance.

 

Exposition: Désobéir pour sauver
Simon Glicensztajn, personne sauvée