Dubois Léon

Dubois Claire

Année de nomination : 2008      Dossier n° 11455 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Léon Dubois
Date de naissance : 09/05/1890
Date de décès : 26/01/1948
Profession : Cultivateur
Particularité : Information non disponible

Mme Claire Dubois (née Candegabe)
Date de naissance : 12/06/1898
Date de décès : 15/12/1986
Profession : Cultivatrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Bosdarros
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 24 juin 2010
Lieu : Mairie de Lille (59800)

Lire le compte-rendu

Personnes sauvées

Dr Léo Mohr

M. Isaac Ruck

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Chil Mohr et sa femme Lieba, originaires de Galicie en Pologne s’installèrent à Lille dans le Nord en France au début des années 1920. Leur fils unique Léo est né à Lille en 1932.

Quand la guerre éclata, la famille s’enfuit et revint après la capitulation de la France. En août 1942, Chil décida de passer en zone “libre” avec sa famille. Avec de faux papiers d’identité, ils arrivèrent à Gan, près de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques où ils s’installèrent. Léo alla à l’école jusqu’à ce que le sud soit occupé. Le danger d’arrestation d’enfants juifs se fit menaçant et Lieba décida qu’il était temps de trouver une cachette sûre pour Léo.

Début 1943, Lieba se rendit dans une ferme à Bosdarros dans les Pyrénées-Atlantiques où elle achetait le lait et les oeufs. La ferme était tenue par Léon et Claire Dubois. Lieba demanda à Claire de prendre Léo chez elle et de le protéger. A ce moment-là les Dubois habitaient avec le père de claire et trois de leurs six enfants. Claire accepta immédiatement de l’aider. Devant l’angoisse de Lieba de ne pas revenir, Claire dit simplement : « J’ai déjà élevé six enfants ». Léo fut accuilli avec des beignets. Comme il ne pouvait pas aller à l’école, il aidait à la ferme et gardait les vaches.

Léo se sentit rapidement comme faisant partie de la famille. Léon Dubois l’emmenait partout avec lui et lui apprenait les métiers de la ferme. Bien plus tard, Léo se souvenait des Dubois comme une famille paisible et amicale, d’un temps où il ne manquait de rien et jouait avec les enfants des Dubois. Parfois sa mère venait le voir, lui donnant des nouvelles de son père et de leur famille. Bien que Léo ne se sente pas directement menacé, les risques pris par les Dubois étaient grands en l‘hébergeant. Les trois autres enfants étaient prisonniers de guerre en Allemagne et tout le voisinage savait que les Dubois cachaient un enfant juif.

Un jour, la soeur de Léon qui travaillait à la mairie vint le prévenir que tout le monde savait qu’il cachait des Juifs et qu’on viendrait brûler sa ferme et le fusiller. Cette nuit-là, Claire emmena les enfants chez les voisins mais Léon insista pour rester à la ferme.

Les Dubois cachèrent Léo jusqu’à la Libération en septembre 1944 sans compensation financière. Après la guerre, les Mohr furent réunis et retournèrent à Lille. Le contact entre les deux familles fut maintenu pendant des années, bien que Léo n’aie pas revu Léon et Claire.

Le 27 octobre 2008, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Léon Dubois et à son épouse Madame Claire Dubois.

 

La ferme de Mirassou à Bosdarros Léon DUBOIS, Liéba Ruck Brant et Claire DUBOIS en septembre 1944 Septembre 1944, à la Libération Léon et Claire DUBOIS (en haut au milieu)