Fournier Edmond

Fournier Yvonne

Année de nomination : 2009      Dossier n° 11544 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Edmond Fournier
Date de naissance : 22/02/1905
Date de décès : 04/01/1976
Profession : Menuisier
Particularité : Information non disponible

Mme Yvonne Fournier (née Allanic-Corbel)
Date de naissance : 11/05/1912
Date de décès : 26/01/1992
Profession : Agent adminitratif
Particularité : Mère de 2 enfants

Localisation

Localite : Clichy
Département : Hauts-de-Seine
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 25 mars 2010
Lieu : Mairie de Clichy-la-Garenne (92110)

Personnes sauvées

Mme Rachel Gotlib (née Tracz)

M. Serge Sukiennik

Mme Esther Sukiennik (née Tracz)

Lieux de mémoire

Plaque en hommage à Yvonne et Edmond Fournier
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Yvonne et Edmond FOURNIER en 1945 Serge SUKIENNIK est né à Paris en 1932. Ses parents, Zélik et Esther, sont originaires de Pologne. Ils s’installent à Paris en 1929. Le père est forgeron-maréchal ferrant. Il trouve un emploi dans une usine. La famille habite rue du Buisson St Louis, dans le 10ème arrondissement à Paris. Les sœurs d’Esther, Sara et Rachel, viennent les rejoindre à Paris. Serge obtient la nationalité française mais pas ses parents. Peu de temps avant la guerre, Serge créé avec un associé une entreprise « Lit Métal ».

A la déclaration de Guerre, Serge, sa mère et ses tantes sont évacués dans le village de Piacé, dans la sarthe. Puis en 1940,  Serge, sa mère et ses tantes reviennent à Paris. En 1941, Zélik est arrêté et interné à Beaune-la-Rolande. Il parvient à travailler à l’extérieur comme maréchal-ferrant. Son employeur lui propose de l’aider à s’évader mais Zélik refuse, craignant des représailles sur sa famille. Il sera déporté par le convoi N° 5.

Après bien des vicissitudes, Serge, sa mère et Esther trouvent refuge dans l’appartement de sa tante Sara, partie avec son mari en zone libre. Ils vivent là les volets fermés, sans bruit. Personne ne doit deviner leur présence. Une voisine, Madame Renard est au courant et elle accueille de temps en temps Serge. Elle est, à ses heures, cartomancienne et l’une de ses clientes, Madame Fournier, l’interroge sur ce petit garçon qu’elle voit souvent chez elle. Madame Renard la met alors au courant. Très touchée par le sort de Serge, Yvonne Fournier installe Serge, sa mère et Esther dans son propre studio à Clichy-la-Garenne et trouve un autre appartement pour elle. Il était temps car peu après leur départ de l’appartement de Sara, des Allemands s’y présentèrent pour les  arrêter.

Serge, sa mère et sa tante restent dans l’appartement d’Yvonne jusqu’à la Libération. Yvonne leur apporte soutien et réconfort moral. Ils vivent de façon relativement ouverte : Esther s’appelle Germaine et Sara, Raymonde.

Après la guerre, les familles restent très proches.

Yvonne  et Edmond étaient très modestes et d’une grande simplicité ils voyaient  en leur action non pas un acte héroïque, mais ce qu’ils accomplissaient comme normal.  Ayant pris de grands risques, sans hésiter, sans arrière pensée, ils ont sauvé trois personnes d’une « mort certaine »  Tous les trois leur doivent la vie sauve et leur en sont reconnaissants à tout jamais.

Le 31 mars 2009, l’institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Edmond Fournier et à son épouse Madame Yvonne Fournier.

 

Yvonne en 1943 Yvonne et Rachel Yvonne (à gauche) a caché Esther, Rachel et Serge à Clichy à partir de l’hiver 1942.