Carpentier Charles

Carpentier Raymonde

Année de nomination : 2009      Dossier n° 11642 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Charles Carpentier
Date de naissance : 1913
Profession : Agriculteur
Particularité : Catholique

Mme Raymonde Carpentier
Date de naissance : 1917
Profession : Agricultrice
Particularité : Mère de 2 enfants, Catholique

Localisation

Localite : Cambronne-lès-Clermont
Département : Oise
Région : Picardie
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Joséphine Grad (née Sosiewicz)

Mme Rachel Winegust (née Sosiewicz)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Avant la guerre, Rachel et Joséphine Sosiewicz nées respectivement en 1934 et 1940 habitaient avec leurs parents à Paris. Quand la guerre éclata en 1939, leur père s’engagea volontaire dans l’armée française mais fut fait prisonnier en Allemagne. Il y resta jusqu’à la fin de la guerre laissant sa femme Malka seule avec ses deux fillettes. Malka réussit à maintenir un rythme de vie normal jusqu’en 1942, où les arrestations de Juifs s’accélérèrent et le danger de dénonciation s’accrut.

Etant femme de prisonnier de guerre, Malka s’adressa à la Croix-Rouge pour demander de l’aide et grâce à elle trouva un abri pour ses deux fillettes en province. Rachel et Joséphine furent placées chez Charles et Raymonde Carpentier, qui habitaient à Cambronne-les-Clermont dans l’Oise avec leurs deux enfants Jean-Marie et Anne-Marie.

Les fillettes furent chaudement accueillies et firent rapidement partie de la famille, considérées par les enfants des Carpentier comme leurs petites soeurs. Pour leur sécurité, leur nom fut changé en Simon, ce qui leur permettait d’avoir des tickets d’alimentation. Seul le maire du village connaissait leur véritable identité. Les fillettes étaient présentées aux voisins comme les enfants d’un cousin de Paris. Rachel et Joséphine allaient à la messe chaque dimanche avec les Carpentier pour éviter tout soupçon des villageois.

Charles et Raymonde Carpentier prirent soin des deux petites filles juives jusqu’à la fin de la guerre, prenant tout à leur charge et courant des risques pour leur propre famille.

Jean-Marie Carpentier raconta plus tard qu’un jour qu’il était dans les champs avec son père il vit les Allemands approcher. Son père l’envoya à la ferme pour prévenir sa mère de cacher les deux petites filles. Quand ils revinrent chez eux, Rachel et Joséphine étaient cachées sous une botte de paille. Par chance elles ne furent pas découvertes et ainsi leurs vies et celles des Carpentier furent sauvées. Une autre fois, Joséphine attrapa le typhus et les Carpentier la firent hospitalier s’assurant qu’elle recevait le meilleur traitement. Deux à trois fois par semaine Jean-Marie Carpentier allait lui rendre visite à bicyclette jusqu’à son complet rétablissement.

Après la guerre, Malka vint reprendre ses filles et la famille se retrouva ensemble. Pour sa communion, Jean-Marie portait fièrement un vêtement fabriqué par le père de Rachel et Joséphine. Le contact entre les deux familles fut maintenu pendant de nombreuses années.

Le 11 août 2009, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Charles Carpentier et à sa femme Madame Raymonde Carpentier.

 

Charles Carpentier dans ses bras sa fille Anne-Marie, Rachel, Jean-Marie Carpentier et Josette La famille Carpentier avec les personnes sauvées en 1945 Raymonde Carpentier