Mathès Joséphine

Debidour Antonin

Debidour Madeleine

Année de nomination : 2009      Dossier n° 11643 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Joséphine Mathès (née Laporte)
Date de naissance : 1883
Date de décès : 1966
Profession : Cultivatrice, mère de 7 enfants
Particularité : Information non disponible

M. Antonin Debidour
Date de naissance : 26/04/1873
Date de décès : 30/04/1965
Profession : Docteur
Particularité : Information non disponible

Mme Madeleine Debidour (née Chambon)
Date de naissance : 05/02/1883
Date de décès : 01/06/1964
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : La Roque Gageac
Département : Dordogne
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 3 février 2011
Lieu : Mairie du 17ème arr. de Paris (75017)

Personnes sauvées

M. Anselme Schwartz

Mme Claire Schwartz (née Debré)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Antonin et Madeleine DEBIBOUR Antonin DEBIDOUR, né en 1876, était médecin à Sarlat (Dordogne) ; il résidait avec son épouse Madeleine à La Roque-Gageac, à quelques kilomètres de son cabinet. Le couple appartenait à un milieu bourgeois, provincial, conservateur, héritier des clivages sociaux et politiques d’un proche passé, encore marqué par l’Affaire Dreyfus.

De la génération du Professeur Anselme SCHWARTZ (né en 1872), chef du service de chirurgie à l’Hôpital Necker, Membre de l’Académie de Chirurgie, le Docteur Antonin DEBIDOUR avait pour ce dernier une grande admiration. Il allait souvent à Paris assister à ses cours et s’en remettait exclusivement à lui lorsqu’il s’agissait d’une intervention concernant ses proches. Leurs relations professionnelles étaient devenues amicales. 

En janvier 1943,   Bertrand SCHWARTZ, polytechnicien de 24 ans qui se préparait à passer la frontière espagnole pour rejoindre les Forces Françaises Libres, vint rendre visite aux DEBIDOUR.  Avant de quitter le territoire occupé,  quelques mois après l’invasion de la zone sud, il tenait à placer ses parents, réfugiés à Toulouse depuis l’exode,  dans une cachette sûre et discrète, à l’abri des arrestations et des déportations qui s’intensifiaient sur la ville. L’objet de sa demande était d’autant plus  risqué que la notoriété de sa famille rendait le secret de sa présence particulièrement difficile à assurer : outre la réputation du grand chirurgien, Claire DEBRE, son épouse, était  la fille du Professeur Robert DEBRE et la sœur de Michel DEBRE.

Pleinement conscients des risques de dénonciation spécialement menaçants dans un voisinage en partie collaborationniste, les DEBIDOUR n’hésitèrent cependant pas un seul instant à accueillir  leurs amis dans  leur propre maison où  ils vécurent reclus pendant quelques mois. Puis, le danger se faisant de plus en plus redoutable,  ils s’assurèrent la complicité d’une courageuse et généreuse voisine, Madame Louise MATHES, qui, en toute connaissance de cause,  accepta de prendre leur relais et de cacher les fugitifs dans une chambre du premier étage de son habitation personnelle, située dans le  hameau  voisin de Gaillardou .

Jacqueline, Lucienne et Jeannette (trois de ses petites filles) se souviennent avec fierté et tendresse de cette grand-mère simple et modeste, qui,  « sans jamais rien demander à personne, a fait son devoir de française» et se rappellent  très bien du couple qu’elle avait caché dans sa chambre, qui ne descendait que pour les repas et qui, au moindre bruit se cachait dans la cave attenante à la cuisine ».  Elles parlent aussi de plusieurs autres personnes, dont un chanteur d’opéra, qui avaient trouvé refuge dans la maison de leur aïeule.

Confinés dans leur chambre, les SCHWARTZ durent bientôt, avec l’aide de leurs amis, se retrancher plus profondément encore  à l’intérieur des terres,  lorsqu’à l’approche de la défaite ennemie, les affrontements et les représailles exercés contre les résistants et les réfugiés juifs se durcirent dans la région périgourdine. L’avant-dernière étape de la chaîne de solidarité grâce à laquelle ils eurent la vie sauve, fut une clinique dans laquelle les conduisirent leurs amis ; ils y furent hospitalisés quelques temps par un ancien élève du Professeur SCHWARTZ, avant d’être hébergés jusqu’à la Libération chez des amis de longue date, le Général et Madame Bertrand PUJO.                

Le 22 septembre 2009, l’Institut  Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Antonin Debidour et son épouse Madeleine ainsi qu’à Joséphine Mathès.