Douillard Gabrielle

Année de nomination : 2010      Dossier n° 11797 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mère Gabrielle Douillard
Date de naissance : 18/01/1900
Date de décès : 09/08/1984
Profession : Directrice de l'Institutuion Sainte Marie ,Religieuse
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Cannes
Département : Alpes-Maritimes
Région : Provence-Alpes-Côte-D'Azur
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 5 février 2012
Lieu : Centre Spirituel Ursulines de Jésus - Chavagnes-en-Paillers (85250)

Lire le compte-rendu

Personnes sauvées

Mme Hélène Petruschka (née Richter)

Mme Renée Rousso

Mme Marion Rousso (née Petruschka)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Mère Irène de Jésus MERE IRENE DE JESUS (Gabrielle Douillard née le 18 janvier 1900 décédée le 9 août 1984) entre dans la Congrégation de Chavagnes le 23 août 1921 et reçoit le nom de Soeur Irène de Jésus.

Elle est supérieure à cannes de 1942 à 1950.

En 1944 elle prend la responsabilité de cacher une douzaine de jeunes filles juives et la mère de l'une d'entre elles.

A plusieurs reprises, elle s'est trouvée dans des situations difJiciles et a su y faire face sachant le danger que comportait cette action charitable.

Marion Rousso Née Petruschka à Leipzig en Allemagne le 9 janvier 1925 sauvée avec sa mère et plusieurs autres jeunes filles juives par Mère Irène de Jésus rapporte les faits suivants :

  • En mars 1939 les parents reçoivent un avis d'expulsion parce que juifs et polonais et doivent quitter l'Allemagne sous trois mois.
  • En juin 1939 ils partent pour la France en transit le temps d'obtenir un visa pour l'Australie, ils restent coincés à Paris qu'ils quittent comme réfugiés en septembre 1939 lorsque la guerre éclate.

A Mayet de Montagne (Allier) ils vivent à la campagne sans problème de 1940 à 1942 date d'arrestation du père lors d'une rafle à Vichy et est déporté.

Peu après deux gendarmes procèdent à l'arrestation de Marion qui figurait sur une liste et l'emmènent à Montluçon ou eIIe simule la folie.

Elle est envoyée à l'infirmerie.

Une représentante de la Croix-Rouge la transfert sur ordre des allemands dans un hôpital à Clermont- Ferrand.

Accueillie par des religieuses elle continue à simuler.

Lors d'un contrôle par deux SS elle joue la comédie jusqu'au bout, ils s'en vont.

Un médecin chef de la gestapo lui rend visite et l'interroge des heures durant, il ressort convaincu de 'sa folie, deux gendarmes doivent la surveiller pour qu'elle ne se sauve pas. Elle reçoit des piqûres (inswinochocs)

Un des gendarmes membre de la résistance l'aide à se sauver vers un groupe de résistants.

Arrivée à destination les résistants l'aident à faire venir sa mère, leur fournissent de faux papiers et organisent leur départ pour l'institution de Sainte Marie à Cannes.

Elle prend le nom de Marie-Liliane Lombard et sa mère Mademoiselle Perrin.

Elles ne sont plus mère et fille mais parents éloignés.

A Nice, avant d'arriver à Cannes elles rencontrent trois autres jeunes filles juives qui vont les accompagner.

Séparées dans les compartiments elles subissent un contrôle de la gestapo qui se termine mal par, l'arrestation d'une des jeunes filles.

Arrivées à l'Institution Sainte Marie elles sont reçues par Mère Irène de Jésus.

Toutes les religieuses sont au courant qu'elles sont juives avec de faux papiers, sauf les enseignantes laïques de l'Institution ainsi que les élèves.

Sa mère donne des cours d'allemand en classe de six, cinq et quatrième pour participer aux frais de séjour.

Mère Irène a répondu à la demande de l'Evêque de Nice Monseigneur Rémond pour cacher des enfants dans son institution, il a fourni de faux certificats de baptême.

Mère Irène de Jésus a fait cela d'une manière tout à fait naturelle et leur a sauvé la vie.

Fin 1943, le bruit court selon lequel les nazis vont venir inspecter/es institutions religieuses, sa mère et elle décident de partir pour ne pas mettre en danger toutes les soeurs et elle-même. C'est Mère Irène de Jésus qui a pris la décision de les cacher et ensuite de ne pas les laisser partir vers la mort au risque de sa vie et de celle de sa communauté.

Elle étudie le plus souvent dans la cave sous les bombardements et les soeurs l'aident à passer le bac qu'elle réussit.

Chaque jour la Mère supérieure et les saurs font de leur mieux pour les aider et les protéger du danger, elles prennent de grands risques pour aller avec les faux papiers chercher les tickets d'alimentation.

Les religieuses étaient toutes solidaires et ont oeuvré ensemble pour les sauver.

Le témoignage de Marion Rousso est corroboré par la copie d'une lettre de Mère Irène de Jésus postérieure à 1950 quifait état d'un hommage de gratitude qu'elle a reçu d'un» Comité Niçois de défense des Juifs» à la libération.

Le  13 juillet 2010, L’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Gabrielle Douillard.

 

Helene Petruschka à Leipzig en 1939 Mére Iréne de Jésus Cérémonie Les enfants de l'école Nazareth les enfants de Nazareth Les religieuses représentant la Congrégation des Ursulines Mme Wolgroth offre la médaille à mla Congrégation des Ursulines de jésus Renée Rousso fille et petite fille des personnes sauvées