Frontin Pierre

Année de nomination : 2010      Dossier n° 11845 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Père Pierre Frontin
Date de naissance : 15/03/1903
Profession : Père, ecclésiastique, directeur de l'école Saint-François
Particularité : Catholique

Localisation

Localite : Ville La Grand
Département : Haute-Savoie
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 27 mai 2011
Lieu : Lycée St-François de Ville-la-Grand (74100)

Personnes sauvées

Information non disponible

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Pierre FRONTIN Le Père Pierre Frontin était le directeur du Collège Saint-François de Sales, le Juvénat, un pensionnat catholique situé dans la ville de Ville-la-Grand en Haute Savoie. De 1942 à 1944, les prêtres enseignant à l’école, et les autres membres du clergé, aidèrent de nombreuses personnes fuyant les forces occupantes du régime nazi et leurs collaborateurs. Le Père Frontin les aida activement en sachant parfaitement ce qui se passait et avec sa totale bénédiction. Des centaines - peut-être des milliers – de réfugiés furent accueillis dans l’école pendant quelques heures ou une nuit (ils dormaient dans le réfectoire sur de la paille) en attendant de les aider à préparer leur passage de la frontière Suisse. La plupart de ces personnes étaient juives - seules ou avec leurs familles – mais il y avait aussi des réfugiés politiques ou militaires. L’école était un « point de chute » pour la Résistance des deux côtés de la frontière.

L’école abritait une chapelle, un dortoir, des classes, un potager et un jardin ainsi qu’un vignoble. Un chemin proche du mur d’enceinte menait vers la Suisse - la frontière était signalisée par un fil de fer barbelé et des pierres indiquaient où le territoire français s’achevait et où le territoire suisse commençait. Ceux qui s’efforçaient de passer la frontière devaient attendre que les soldats allemands du côté français et les douaniers suisses finissent leur patrouille pour passer.

Le Père Louis Favre à l’initiative de la mission de sauvetage persuada ses collègues de se joindre à lui – le Père François Favrat, le Père Gilbert Pernoud (qui aidait la majorité des réfugiés à traverser la frontière), le Père Raymond Boccard (le jardinier de l’école qui donnait le feu vert aux réfugiés et les aidait à grimper sur le mur pendant les deux minutes où ils ne pouvaient pas être pris), le Père Jean-Baptiste Reynard (qui était en relation étroite avec les autorités douanières suisses) et le Pierre Frontin (le Principal de l’école).

Malgré la peur du grand danger couru pour aider ces réfugiés, le Père Frontin non seulement permit à son personnel de continuer, mais devint lui-même aussi très actif dans cette mission de sauvetage.

Le Père Favre dut quitter l’école à de nombreuses occasions en raison de ses activités de Résistant. Il fut arrêté (sans doute sur dénonciation) par les Allemands en février 1944. Il fut incarcéré dans la prison d’Annemasse, puis à Annecy. Le Père favrat fut arrêté avec lui mais fut libéré le jour suivant. Le Père Frontin, qui se trouvait à l’extérieur à ce moment-là, fut arrêté dès qu’il rentra à l’école. Les Allemands fermèrent alors l’école.

En juillet 1944, le Père Frontin sortit de prison. Quelques jours après, le Père Favre fut torturé et abattu.

Dans les années 1980, les Pères Louis Favre, Gilbert Pernoud et Raymond Boccard furent nommés Justes parmi les Nations. En 1987, le Père Boccard fit la demande à Yad Vashem pour faire reconnaître le Père Pierre Frontin « sans la permission de qui, on n’aurait rien pu faire ».

Le 28 avril 2010, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations au Père Pierre Frontin.