Quatrefages Marie-Laurence

Année de nomination : 2011      Dossier n° 12060 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marie-Laurence Quatrefages (née Egrefeuille)
Date de naissance : 18/10/1896
Date de décès : 17/12/1976
Profession : Commerçante
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Jean-du-Bruel
Département : Aveyron
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 10 mai 2012
Lieu : Mémorial de la Shoah - Paris (75004)

Personnes sauvées

M. Henri Vidersan

Mme Jeanine Vidersan

M. Chaïm Widerspan

Lieux de mémoire

Ecole Marie-Laurence Quatrefages
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marie-Laure Quatrefages Chaïm WIDERSPAN et Magdalena ZILLICH se rencontrent à Prague en 1932-33. Chaïm est étudiant ingénieur et militant communiste ; Magdalena, d’origine catholique, garde les enfants d’un couple, dont le mari est journaliste. C’est chez ce couple qu’ils se sont rencontrés.

Comme Chaïm était toujours militant communiste pour la Pologne, il est assigné à résidence. Il quitte Prague pour Paris, puis Caen où il termine ses études d’ingénieur et où Magdalena le rejoint, en 1934. Le diplôme de Chaïm en poche, le couple s’installe à Paris, en 1935. Ils se marient en 1937 et Henri naît en septembre 1938.

Durant la débâcle de 1940, Chaïm part en éclaireur vers le Sud et, dès qu’il lui semble que la ville où il se fixe, Sète, paraît sûre, il demande à Magdalena de le rejoindre avec Henri. C’est dans cette ville que naît Jeanine en septembre 1942.

Après l’occupation de la zone Sud fin 1942, Chaïm cherche un nouveau refuge, qu’il trouve à Saint-Jean-du-Bruel (Aveyron), à une quarantaine de kilomètres de Millau, où il fait la connaissance de deux familles accueillantes : M. et Mme MARCY et la famille QUATREFAGES, un couple de commerçants qui a neuf enfants.

Magdalena et ses deux enfants rejoignent Chaïm début 1943. Ils vivent dans un modeste logement et c’est principalement Magdalena qui procure un revenu au foyer. Le travail de Chaïm dans les champs est précaire et il doit souvent se cacher.

Avec le durcissement de la répression et de la « chasse aux Juifs », peu avant le débarquement allié en Normandie, Marie-Laurence QUATREFAGES, devenue veuve depuis un an, qui a compris les soucis de Chaïm en connaissant les risques qu’elle prend à aider un Juif, lui propose de le cacher chez elle.

Seuls ses grands enfants sont dans la confidence. Les plus âgés sont adultes, le plus jeune a un an et demi. Chaïm loge dans une pièce isolée et fermée. On lui apporte son déjeuner et, le soir, quand les plus petits des enfants de Mme QUATREFAGES sont couchés, il dîne avec le reste de la famille. L’abbé Urbain QUATREFAGES, le fils aîné de Marie-Laurence, prête à Chaïm une de ses soutanes afin qu’il puisse faire quelques pas au dehors.

C’est comme cela que Chaïm est sauvé jusqu’à son départ pour le maquis de l’Aigoual.

Bien que catholique, Magdalena et ses deux enfants auraient connu certainement la déportation et la mort si Chaïm avaient été pris par la Milice ou les nazis. D’où l’importance du geste désintéressé et plein d’humanité de Marie-Laurence QUATREFAGES, qui, elle aussi, aurait pu être déportée par répression.

Marie-Laurence QUATREFAGES a été élue maire de Saint-Jean-du-Bruel en 1947 et a exercé cette responsabilité jusqu’en 1965.

Le 25 mai 2011, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Quatrefages Laurence.

 

 

Marie-Laure QUATREFAGES et son fils Chaïm WIDERSPAN en famille