Lignot Pierre

Lignot Marguerite

Année de nomination : 2011      Dossier n° 12096 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Pierre Lignot
Date de naissance : 14/06/1910
Date de décès : 03/01/1961
Profession : Officier
Particularité : Information non disponible

Mme Marguerite Lignot (née Quiot)
Date de naissance : 07/03/1908
Date de décès : 2010
Profession : Couturière
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Etienne
Département : Loire
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 15 octobre 2012
Lieu : Mémorial de la Shoah - Paris (75004)

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Personnes sauvées

M. Jean-Philippe Levy

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Le droit a guidé la vie de Jean-Philippe Lévy. Né à Paris en juin 1912, dans une famille originaire d’Alsace-Lorraine, Jean-Philippe Lévy est devenu, avant la Seconde Guerre mondiale, docteur en droit.

Son père, Meyer Auguste Lévy, a terminé sa carrière comme sous-directeur honoraire de la préfecture de la Seine. Les parents de Jean-Philippe Lévy vivaient à Vincennes en région parisienne ; son frère aîné, né en 1903, était avoué en Avignon dans le Vaucluse.

Jean-Philippe Lévy devient chargé de cours à la faculté de droit de Lyon, de décembre 1937 jusqu’à la déclaration de guerre où il est mobilisé comme officier. Après l’armistice de juin 1940, il est affecté à l’intendance militaire de Saint-Étienne dans la Loire, comme officier de réserve. C’est là qu’il rencontre Pierre Lignot, officier d’active.

En octobre 1940, à la suite de l’entrée en vigueur du statut des Juifs interdisant certaines professions aux Juifs, notamment dans l’armée et l’enseignement, Jean-Philippe Lévy ne peut plus continuer son activité. Dès l’annonce, il indique à son supérieur, l’intendant militaire, qu’il ne peut plus être dans l’armée. L’intendant a du mal à comprendre cette situation. Jean-Philippe Lévy informe alors son collègue Pierre Lignot qui, peu de temps après, l’invite à déjeuner chez lui, le dimanche suivant. Le couple Lignot et Jean-Philippe Lévy deviennent amis.

Ce dernier avait déjà publié des ouvrages juridiques. Ses droits d’auteur étaient dus par les éditeurs et c’est pour les récupérer que Jean-Philippe Lévy demande à Pierre Lignot – qui l’accepte – de lui servir de prête-nom, et ce dernier a été d’une parfaite loyauté.  Toutefois, Jean-Philippe Lévy occupe divers emplois à Saint-Étienne. Mais chaque fois qu’un danger de rafles nocturnes menace, à partir de l’invasion de la zone sud par l’armée allemande, en novembre 1942 et surtout durant l’année 1943, Pierre Lignot et son épouse, Marguerite Lignot, l’hébergent chez eux.

En octobre 1943, Jean-Philippe Lévy est embauché à la maison d’édition juridique du Juris-Classeur, à Toulouse en Haute-Garonne et rejoint cette ville. Il garde le contact, principalement par courrier, avec le couple Lignot, resté à Saint-Étienne.  En raison du risque de rafles à Toulouse, Jean-Philippe Lévy loue une chambre, mais pas sous son propre nom. Il utilise celui de Lignot. Par la suite, il demande à son protecteur l’autorisation de fabriquer une fausse carte d’identité en recopiant intégralement l’état civil et les mentions de la carte de Pierre Lignot, qui accepte malgré les risques. Jean-Philippe Lévy a pu ainsi passer entre les mailles du filet et il a toujours été reconnaissant envers Pierre et Marguerite Lignot.

Le 26 avril 2011, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Pierre Lignot et à son épouse Madame Marguerite Lignot.

 

Mr et Mme LIGNOT Mme Lignot, Mr Lévy et le petit André Rochetaillée juin 1942 Barrage Rochetaillée