Baron Suzanne

Année de nomination : 2011      Dossier n° 12194 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Suzanne Baron (née Morand)
Date de naissance : 06/07/1909
Date de décès : 25/12/1994
Profession : Fermière
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Gaultier
Département : Indre
Région : Centre
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 11 octobre 2015
Lieu : Mairie de Saint-Gauthier (36800)

Personnes sauvées

M. Mordechaï Hirsch

Mme Miriam Rosen (née Hirsch)

Lieux de mémoire

Stele en hommage des Justes de l'Indre
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Suzanne Morand Suzanne Morand vivait seule dans une ferme retirée près Saint-Gaultier dans l’Indre. Elle élevait des lapins et des cochons et cultivait des légumes sur un petit terrain près de sa maison. En 1943, elle hébergea deux jeunes enfants juifs, Yvonne Hirsch âgée de neuf ans et son frère René âgé de cinq ans.

Les enfants Hirsch étaient nés à Paris. Leurs parents, Konrad et Edith Hirsch étaient des émigrés allemands arrivés en France en 1933. En Allemagne, Konrad avait été professeur d’université mais à Paris il ouvrit un studio photo et faisait notamment des portraits d’enfants. Sa femme avait créé une chocolaterie à domicile. En 1939, Konrad avait intégré la Légion Etrangère et fut stationné en Algérie. En juin 1940, Edith décida de quitter Paris. Elle vendit ses quelques biens et avec ses deux enfants rejoignit tous ceux qui se dirigeaient vers le sud de la France, parvenant à Saint Gaultier. Là ils emménagèrent dans un immeuble réservé aux réfugiés. A la fin de la guerre, Konrad fut démobilisé et retrouva sa famille.

Le 24 février 1943, deux gendarmes vinrent arrêter Konrad à son domicile. Au début il fut interné à Gurs puis transféré à Drancy et de là fut envoyé à Maidanek, d’où il ne revint pas. Craignant d’être aussi arrêtée, Edith Hirsch décida de se cacher. Elle demanda à une organisation juive de trouver une cachette pour ses enfants puis elle contacta le frère de son mari, Hans, qui se cachait à Lyon sous une fausse identité. Les deux enfants furent d’abord placés dans une famille d’accueil mais ils ne furent pas bien traités. Quand Edith découvrit la situation, elle insista pour que les enfants soient placés ailleurs. C’est ainsi qu’ils arrivèrent chez Suzanne Morand. Edith fit promettre à Suzanne qu’elle ne les confie à personne d’autre.

Suzanne choya les enfants avec un amour maternel et elle partagea avec eux le peu qu’elle avait. Ils adoraient vivre dans une ferme, entourés d’animaux. Yvonne allait à l’école. Les enfants restèrent chez Suzanne pendant dix huit mois quand Edith, craignant que Suzanne ait l’intention de les convertir au catholicisme, envoya son beau-frère reprendre les enfants. Suzanne refusa à cause de la promesse qu’elle avait faite à Edith. Mais trois jours plus tard, recevant un télégramme de leur mère, elle remit les enfants aux bons soins de leur oncle.

Pendant ce temps, Edith avait déménagé dans une petite ville près de Lyon, où elle avait trouvé un emploi et s’occupait de deux femmes juives âgées à leur domicile en échange du gîte et du couvert. Les enfants la rejoignirent un certain temps puis furent envoyés dans une maison d’enfants gérée par l’OSE.

Après la guerre, Suzanne épousa Monsieur Baron, un veuf avec deux enfants. Elle perdit le contact avec les enfants Hirsch qui avaient émigré en Israël avec leur mère en 1948. En 1977, Suzanne revit ses protégés quand Yvonne devenue Miriam et René devenu Mordechaï vinrent lui rendre visite à la ferme.

Le 10 octobre 2011, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Suzanne Baron.

 

Suzanne MORAND