Bady Madeleine

Année de nomination : 2011      Dossier n° 12217 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Madeleine Bady (née Delas)
Date de naissance : 06/09/1898
Date de décès : 27/02/1982
Profession : Industrielle, Mère de 2 enfants
Particularité : Chrétienne pratiquante

Localisation

Localite : Romans-sur-Isère
Département : Drôme
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 6 mai 2013
Lieu : Mairie de Romans sur Isère (26100)

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Personnes sauvées

Mme Carolyn Buff

Mme Marguerite Buff (née Loewe)

M. Erich Loewe

Mme Edith Loewe

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Madeleine Bady A la déclaration de guerre, Madeleine BADY  née DELAS, était, depuis peu, veuve de Jean BADY, industriel en chaussures. .Courageusement elle avait pris la direction de l’entreprise familiale et élevait seule ses deux enfants, Jean (13 ans) et Madeleine (5 ans). Elle habitait au 63 bd Gambetta à Grenoble, une propriété de famille qui plus tard fut réquisitionnée par les allemands pour y loger la kommandantur.

En juillet 1942, quand commencèrent les premières rafles exercées contre les juifs étrangers, à la demande de l’Abbé  Michel LENOMON (vicaire de Notre Dame de Lourdes,  fervent chrétien,  persuadé de la perversité du nazisme et résistant de la première heure),  Madeleine BADY accepta de cacher chez elle Erich LOEWE , son épouse et sa fille ; Poussé à fuir son pays natal sous la force des évènements, cet avocat au barreau de Berlin, s’était réfugié en France en 1933.. C’est à son domicile de Neuilly sur Seine, qu’était née sa fille Marguerite. Puis à l’invasion allemande, il s’était replié en zone libre à Bourg de Péage  où il avait loué un appartement dont la propriétaire, sensible à la propagande nazie,  l’avait menacé de dénonciation Avant que ce sinistre projet soit mis à exécution – et il le fut -  Madeleine BADY, en toute connaissance du danger, avait ouvert sa porte.

Le temps de trouver un abri sûr, les LOEWE quittèrent le boulevard Gambetta deux mois après leur arrivée, mais conservèrent des relations étroites avec leur amie qui ne ménagea  ni son temps, ni sa peine, ni même son aide financière. Elle assura avec sa voiture les déplacements clandestins, fit soigner Marguerite à Villars-de-Lans et mit à l’abri chez elle les quelques biens que les fugitifs avaient pu soustraire au pillage de leur appartement de Neuilly.

Erich LOEWE écrivait après la guerre : « Quand beaucoup de gens croyaient encore à une victoire, allemande, Madame BADY nous confiait que contrainte et forcée, elle faisait exécuter dans son usine les commandes exigées par les allemands, pour préserver les moyens de subsistance de ses salariés. Mais elle se proclamait gaulliste et souhaitait ardemment la défaite du Reich. »

Quand Madeleine BADY s’éteignit le 27 février 1982, un journal romanais publia la nécrologie suivante : 

«Avec elle disparait une grande chrétienne à la foi rayonnante. Mme Jean BADY laisse le souvenir d’une personne à l’écoute des autres, jamais insensible aux difficultés de son prochain. Elle animait efficacement des activités philanthropiques avec  tact et discrétion. D’une noblesse d’esprit qui forçait l’admiration, cette dame de grande allure, laissera un vide considérable dans notre ville de Romans. »

Le 8 Novembre 2011, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Madeleine BADY.