Stellamans Emilienne

Stellamans Jean

Année de nomination : 2012      Dossier n° 12360 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Emilienne Stellamans (née Depoorter)
Date de naissance : 10/02/1899
Date de décès : 30/11/1963
Profession : Marchand des 4 saisons (fruits & légumes)
Particularité : Information non disponible

M. Jean Stellamans
Date de naissance : 23/01/1899
Date de décès : 30/11/1965
Profession : Marchand des 4 saisons (fruits & légumes)
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Lille
Département : Nord
Région : Nord-Pas-de-Calais
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 19 mars 2013
Lieu : Mémorial de la Shoah - Paris (75004)

Personnes sauvées

Mme Simone Grossmann (née Rochman)

M. Azriel Rochman

M. Paul Rochman

Mme Ida Rochman (née Nidderman)

Mme Suzanne Wrobel (née Rochman)

Lieux de mémoire

Parvis des Justes à Lille
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Emilienne Stellamans   Jean Stellamans C’est par un concours de circonstances invraisemblable que la famille ROCHMAN, composée du père, Azriel, de la mère, Idesa (dite Ida), de Suzanne, âgée alors de 18 ans, de Paul, âgé alors de 17 ans, et de Simone, âgée alors de sept ans, échappe à la rafle du Vél d’Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, pour se réfugier à Lille (Nord), département classé en zone rouge par les nazis.

Une connaissance, dans le quartier de Paris-Clichy où cette famille vivait, leur propose de se rendre à Lille où des amis pouvaient les loger dans une grande maison. Par méfiance, les membres de la famille ne sortent pas, à part Azriel, qui achète le ravitaillement chez les épiciers de la rue Paul-Lafargue, Jean et Émilienne STELLAMANS. Mais, le 11 septembre 1942, les nazis organisent une rafle dans la région lilloise. Les « hébergeurs » prennent peur. Les nazis avaient placardé des affiches indiquant que toute personne hébergeant des Juifs serait arrêtée, déportée ou fusillée. Les ROCHMAN et leurs valises se retrouvent à la rue.

Ils s’adressent au couple STELLAMANS, qui leur proposent un logement dans une pièce vide d’une petite maison leur appartenant dans la même rue Paul-Lafargue. Jean et Émilienne STELLAMANS les cachent sans contrepartie alors qu’ils prenaient des risques pour eux et pour leur fille Madeleine, dite Mado. Ils leur donnent aussi les moyens de subsister, en leur procurant des marchandises invendues dans leur commerce de fruits et légumes.  En partant précipitamment de Paris, les ROCHMAN avaient laissé leurs cartes d’alimentation qui, de toute façon, auraient été plus gênantes pour leur clandestinité.

Simone GROSSMANN, née ROCHMAN, indique : « Les STELLAMANS ajoutaient parfois une boîte de sardines ou de conserve. Avec quelques planches, mon père et mon frère ont fabriqué un clapier, qui a accueilli ensuite un couple de lapins offert par les STELLAMANS. Avec ma sœur Suzanne, le soir, j’allais leur couper de l’herbe. Après la naissance et l’élevage des lapereaux, nous avons pu manger de la viande. »

Durant un an, Simone n’a pu aller à l’école. « À la rentrée 1943-44, Émilienne STELLAMANS m’a inscrite à l’école sous le faux nom de ROCHE, sous lequel nous étions censés répondre. »

Suzanne WROBEL, née ROCHMAN, la sœur aînée, se souvient être allée au marché avec sa mère pour chercher les bas morceaux de viande et des produits bon marché sans ticket de ravitaillement, de très bonne heure, afin d’éviter les rafles. Elle n’oubliera jamais la bonté et la gentillesse des STELLAMANS.

Azriel ROCHMAN, tailleur de métier, a pu trouver un travail à domicile pour découdre des vêtements pour les retourner afin de leur donner une nouvelle jeunesse et permettre aux gens de se vêtir sans ticket d’habillement.

Paul ROCHMAN, qui avait 17 ans en 1942, a été embauché comme commis par Jean STELLAMANS dont le principal emploi (en dehors de l’aide de son épouse à l’épicerie) était la fabrication et la livraison de blocs de glace. La fabrique était au 34, rue de Brigode à Lille, à un kilomètre de leurs domiciles. Les deux hommes livraient les boucheries, les restaurants et les cafés. « En disant que j’étais réfractaire au STO, raconte Paul, les clients de M. Jean me faisaient passer des restants de repas, du pain et des os sur lesquels s’accrochait un peu de viande, pour faire la soupe. Il est certain que sans ces gens du Nord, nous aurions disparu dans la tourmente. »Ainsi, alors que l’itinéraire des ROCHMAN n’a pas été le plus sûr en apparence, la solidarité et la chaleur humaine dont ont fait preuve les  STELLAMANS et une partie des gens du Nord ont été les plus fortes, plus fortes que la terreur nazie.

Le 8 mai 2012, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Jean Stellamans et à son épouse Madame Emilienne Stellamans.

 

La grand mère Stellamans Le grand père Stellamans Jean, Emilienne Stellamans et leur petit fils Jean-Pierre Devant la boutique des Stellamans, leur fille Mado et son fils jean-Pierre