Ginisty Ernestine

Ginisty Albini

Année de nomination : 2013      Dossier n° 12697 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Ernestine Ginisty (née Desmazels)
Date de naissance : 24/07/1900
Date de décès : 09/03/1957
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

M. Albini Ginisty
Date de naissance : 06/01/1900
Date de décès : 06/07/1980
Profession : Peintre en bâtiment
Particularité : Résistant

Localisation

Localite : Moissac
Département : Tarn-et-Garonne
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 20 août 2014
Lieu : Mairie de Moissac (82200)

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L'histoire

Charlotte Hirsch (dite Shatta) née en 1910 à Sighisoara en Roumanie émigre en France en 1933. Elle rencontre aux EIF (Eclaireurs Israélites de France), fondés par Robert Gamzon, Edouard Simon (dit Bouli) né à Elbeuf (Seine Maritime) en 1905. Il est ingénieur en électricité. Ils se marient le 12 décembre 1933.

La « Maison de Moissac », située 18 quai du Port, dans la ville de Moissac (Tarn et Garonne) ouvre le 5 décembre 1939. Shatta et Bouli en sont les responsables. Les chefs et cheftaines qui les aident ont entre 16 et 25 ans. La maison de Moissac devient un centre de formation professionnelle.

Entre 1939 et 1944, environ 500 enfants, petits Français et enfants étrangers venant d’Allemagne, Pologne, Belgique, etc. passent par la Maison de Moissac. Tous ont été sauvés. Certains y sont restés quelques jours, d’autres plusieurs années. Obligation pour tous les enfants de « parler français », ce qui leur servira par la suite quand ils seront dispersés.

La Maison accueille également des adultes, des intellectuels, frappés par les lois antisémites. Ils donnent des cours aux enfants. Les enfants reçoivent des cours de judaïsme, hébreu, philosophie juive. Moissac devient un centre névralgique des EIF. En août 1942, naissance de la « sixième division » derrière laquelle s’organise la clandestinité.

Shatta et Bouli Simon ont eu deux enfants, Jean-Claude né en avril 1937 et Jean Ariel né en février 1944. Fin 1943, prévenus par le Commissaire de police de Moissac de l’imminence d’une rafle, les enfants sont évacués, placés dans des familles. Certains passent en Espagne ou en Suisse, d’autres rentrent dans la Résistance.

Le petit Jean-Claude, âgé de 6 ans, est accueilli par Albini Ginisty, modeste peintre en bâtiment, et son épouse Ernestine. Ils le font passer pour l’enfant qu’ils ont adopté puisqu’ils n’ont pas d’enfant. Sous l’identité de Ginisty, Jean-Claude va en classe. Il est choyé et mène une vie quasi normale. Monsieur Ginisty est Résistant. Par mesure de sécurité, Jean-Claude est caché pendant quelques semaines au Chambon-sur-Lignon puis revient chez les Ginisty.

Bouli Simon est dans le Maquis. Shetta Simon, enceinte, est à Montauban et accompagne des enfants transportés par train.

En 1945, Jean-Claude réintègre la « Maison de Moissac ». Il prend souvent son goûter chez Monsieur et Madame Ginisty, accueilli avec beaucoup d’amour et d’affection. Albini Ginisty sera décoré de la Croix de Guerre 1939-1940.

 

Le 15 octobre 2013, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à Monsieur Albini GINISTY et à son épouse Ernestine.