Miolan Lucienne

Miolan Ismaël

Année de nomination : 2014      Dossier n° 12842 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Lucienne Miolan (née Roubaud)
Date de naissance : 23/07/1909
Date de décès : 28/05/1981
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

M. Ismaël Miolan
Date de naissance : 14/06/1908
Date de décès : 09/11/1975
Profession : Gérant d'une cave coopérative, puis gérant du "Café de Lyon"
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Lédignan
Département : Gard
Région : Languedoc-Roussillon
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 23 août 2016
Lieu : Saint-Théodorit (30260)

Personnes sauvées

Mme Thérèse Abou (née Judkiewiecz)

M. David Judkiewicz

Mme Ida Judkiewicz

M. Robert Szwarcberg

Mme Esther Szwarcberg (née Judkiewicz)

Lieux de mémoire

Parvis des Justes parmi les Nations à Lédignan
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Les parents venaient de Piezborg en Pologne dans les années 1925.La mère, Esther née JUDKIEWICZ, avait 16 ans à son arrivée en France.Le père Moszko SZWARCBERG était tailleur

Ils se sont connus à Douai, dans le nord de la France.

Ils ont vécu ensemble et se sont mariés en 1935, à la naissance de Robert. Il n’y a pas eu d’autre enfant de ce mariage.

En 1937, la famille est allée s’installer à Saintes en Charente Maritime où les parents ont tenu un commerce de tailleur sur mesure.

La famille était en zone occupée. Les parents ont décidé de quitter Saintes. Au dernier moment, le père Moszko SZwarcberg a été retardé car il devait terminer la confection d’une commande de tailleur. C’est alors qu’il a été arrêté par la Gestapo en 1941, sans doute dénoncé par un voisin. Il a été transféré à Drancy d’où il est parti à Auschwitz par le convoi N° 32 du 14 septembre 1942. Il est mort assassiné à Auschwitz.

Esther et son fils Robert sont partis en zone libre grâce à l’aide du fils du propriétaire de l’appartement et du commerce qu’ils à Saintes. Ils sont passés par un endroit non surveillé par la police.

Ils sont arrivés à Angoulême et puis sont allés à Nîmes où Esther avait deux sœurs qui étaient arrivées de Pologne.

A partir de ce moment, ça commence à aller très mal. Robert est confié par sa mère à plusieurs familles dont les MIOLAN à Lédignan en 1942.

La famille MIOLAN était composée du père, Monsieur Ismaël MIOLAN, son épouse, Madame Lucienne MIOLAN, née ROUBAUD et leur fils Gérald. 

Robert est resté chez eux environ un an. Puis il a été transféré dans une autre famille où il a été, là aussi, très bien traité, mais malgré ses recherches, il n’a pas retrouvé leur trace. 

La Famille MIOLAN avait un fils Gérald de son âge (il est né en 1934, Robert en 1935) avec qui il est resté en contact jusqu’à aujourd’hui. 

En 1943, les MIOLAN ont quitté Lédignan pour Nîmes. Ils y ont tenu un café : « le Café de Lyon », boulevard Victor Hugo jusqu’à leur retraite.

Esther et Robert ont habité ensemble quelque temps à Nîmes, rue du Puits Couchoux. Un jour, la gestapo est venue et un homme a dit à la mère : « Je sais que vous êtes juive et je reviendrai demain ! ». Le lendemain, Esther a pris Robert sur son vélo et a fait 180 km pour aller à Pradelles chez une de ses sœurs.

Ils y sont restés jusqu’à la libération puis sont revenus à Nîmes. 

Lédignan est une petite commune du Gard, entre Nîmes et les Cévennes.

La mère, Esther SZWARCBERG, devait être à Nîmes à cette époque.

Gérald allait à l’école, mais pas Robert. Il a été traité par la famille MIOLAN un peu comme leur fils. Ils ne faisaient pas de différence entre Gérald et Robert.

Il se souvient qu’avec Gérald ils allaient dénicher des œufs de pies dans les arbres. Un jour, ils sont allés avec Gérald voler des parfums dans un local qui appartenait aux Allemands. Ils étaient alors des enfants complètement inconscients du danger.

Robert a été très, très bien traité chez les Miolan.

 Robert n’a pas d’autres souvenirs de cette période chez les MIOLAN, si ce n’est que c’était une famille normale, affectueuse et qu’il était considéré comme leur fils.

Robert n’a jamais posé la question à sa mère concernant un arrangement financier avec la famille MIOLAN.

Il ne sait pas non plus comment sa mère est entrée en contact avec la famille MIOLAN.

C’était des gens modestes et, de surcroît, comme il l’a appris plus tard, Monsieur MIOLAN était impliqué dans la Résistance. De ce fait, il ne croit pas qu’ils ont agi de manière intéressée.

Il ne pense pas non plus que ce soit par l’intermédiaire d’une association juive qu’il a été placé dans la famille MIOLAN. 

Les MIOLAN étaient des gens simples.

Dans les Cévennes, cette région marquée par la persécution des Protestants, il pense qu’il était naturel pour eux de sauver un enfant juif persécuté. 

Robert suppose que sa mère est venue le chercher à Lédignan, ou peut-être, M. Miolan l’a-t-il ramené à Nîmes ? 

Outre Robert et sa mère, Esther née Judkiewicz, épouse de Moszko Szwarcberg, il se rappelle que la famille Judkiewicz, son oncle David et son épouse Ida, ainsi que leur fille Thérèse née en 1943 ou 1944 à Nîmes ont été cachés et sauvés par les MIOLAN.

 Bien qu’étant resté en contact depuis toujours avec Gérald MIOLAN, il n’aurait pas songé à faire nommer la famille MIOLAN Juste Parmi les Nations sans la démarche de leur fils.

C’est faire un grand honneur à la mémoire de ses parents et reconnaître avec raison leur acte de courage d’avoir sauver des vies juives pendant cette période sombre de notre histoire.

Le 21 octobre 2014, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Ismaël Miolan et son épouse Lucienne.

 

23 août 2016 Monsieur Miolan le fils des sauveurs avec son épouse sa fille et son petit-fils