Boulud Gabriel

Année de nomination : 2014      Dossier n° 12896A -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Gabriel Boulud
Date de naissance : 02/12/1897
Date de décès : 14/05/1967
Profession : Maire
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Luzinay
Département : Isère
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 3 avril 2016
Lieu : Luzinay (38200)

Lire le compte-rendu

Personnes sauvées

Mme Nadine Bloch (née Dreyfuss)

M. Jean Dreyfuss

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

La famille DREYFUSS, d’origine lorraine et alsacienne, vivait avant la guerre à Colmar.

Le père Edgar était marchand de bestiaux. Avec son épouse Andrée née LEVY, ils ont à l’époque deux enfants : Jean né en 1935 et Nadine née en 1937.

En juillet 1939, la famille quitte Colmar pour résider à Saint Jean de Monts en Vendée.

Le père est mobilisé dans l’armée française. Le grand père est hospitalisé à Limoges à l’armistice (juin 1940). La famille compose du père, de la g mère et les deux enfants l’y rejoignent. La famille trouve refuge ensuite à Vienne, en Isère.

Le 21 septembre 1942, la grand-mère de Jean et Nadine DREYFUSS, Blanche LEVI et son fils Jacques sont déportés de Pithiviers pour Auschwitz (convoi n° 35) où ils sont assassinés. A partir de ce moment, le père décide de quitter Vienne, de trouver un appartement dans un village où ils ne sont pas connus et de se procurer de faux papiers.

Edgar DREYFUSS était en contact avec un confrère, Monsieur Gabriel BOULUD, lui aussi marchand de bestiaux et maire du village de Luzinay. Après juin 1941, c’est en se faisant passer comme ouvrier agricole au service de Monsieur BOULUD, qu’Edgar DREYFUSS continue de travailler sous une fausse identité

En janvier 1943, Edgar  décide de cacher les deux enfants, Jean et Nadine.

Monsieur BOULUD a personnellement accompagné Jean et Nadine DREYFUSS chez Monsieur et Madame RACLET, boulangers à Luzinay. Jean-Joseph RACLET, 33 ans, et son épouse Anne-Marie, 31 ans, avaient un petit garçon, Robert, âgé de 10 ans. Leur domicile était modeste. Les parents et leur fils Robert dormaient dans la même pièce. Un petit lit a été ajouté pour Nadine. Jean DREYFUSS dormait dans le même lit que Robert RACLET.

Les deux enfants sont restés chez Monsieur et madame RACLET pendant 6 mois. Il semble évident que Monsieur Gabriel BOULUD, en tant que maire de Luzinay, a demandé le soutien de toute la population de la commune pour qu’il n’y ait pas de dénonciation des deux enfants aux autorités occupantes ou collaborationnistes. Le village comprenait, outre la boulangerie des RACLET, une boucherie, une école primaire et un bureau de poste. La majorité de la population résidait dans des fermes environnantes.

Comme il a été dit plus haut, Monsieur BOULUD avait amené les deux enfants à Luzinay. Par mesure de sécurité, il avait enjoint Monsieur DREYFUSS de s’abstenir de venir leur rendre visite durant cette période de 6 mois.

Monsieur et Madame DREYFUSS, grâce à une chaîne d’entraide avaient obtenu des faux papiers d’identité, des cartes d’alimentation.

Se sentant suffisamment en sécurité, les parents DREYFUSS trouvent refuge à Vérin, un village à une quarantaine de km de là. C’est encore Monsieur BOULUD, accompagné de Madame RACLET, qui amène les deux enfants en voiture auprès de la nouvelle cachette des parents, en juin 1943. La famille DREYFUSS y restera jusqu’en août 1944, la Libération.

Après la guerre, les relations avec Monsieur BOULUD sont restées très proches : il était l’associé de Monsieur Edgar DREYFUSS et de son cousin Georges STARK qui a lui aussi été protégé et aidé par Monsieur BOULUD.

Il en est de même pour la famille RACLET qui a caché et sauvé les deux enfants, ainsi que pour les familles VAGANAY, OUVRIER, LAGRANDAME qui ont œuvré pour venir en aide aux parents Edgar et Andrée DREYFUSS.

Avec le recul, Jean et Nadine DREYFUSS comprennent mieux le courage de ces personnes et la dimension de leurs actes et tiennent à leur exprimer, en leur nom, mais aussi au nom de tous les Juifs qui n’ont pas eu cette chance, leur reconnaissance.*

Le 2 Décembre 2014, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les nations à Monsieur Gabriel Boulud.