Chantelauze Maurice

Année de nomination : 2018      Dossier n° 13653 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Maurice Chantelauze
Date de naissance : 20/09/1888
Date de décès : 29/10/1963
Profession : Propriétaire d'un garage, Maire de Chaise Dieu
Particularité : Préfet de la Résitance de la Corrèze en 1945

Localisation

Localite : La Chaise Dieu
Département : Haute-Loire
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Joël Bloch

M. Jules Blum

M. Isaac Blum

M. Guy Blum

Mme Céline Blum (née Guggenheim)

Mme Francine Geissmann (née Bloch)

M. David Gerson

Mme Marthe Gerson (née Berheim)

Mme Goetschel

Mme Julie Guggenheim

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

La famille Bloch est installée en France depuis le 18ème siècle et exerçait la profession de marchands de bestiaux. Francine Bloch est née à Mulhouse en 1932. Elle perd sa maman en 1935 et est élevée par ses grands-parents maternels, Jules et Céline Blum-Guggenheim. La famille vit confortablement. Francine a un frère Joël né en 1928. Son père Joseph Bloch qui habitait à Paris est arrêté à la rafle du Vel d’Hiv et déporté à Auschwitz par le convoi N° 35 le 21 septembre 1942.

Le 15 juin 1940, Jules Blum-Guggenheim charge la grande voiture, cinq grandes personnes Céline et sa sœur Julie, son frère Isaac et sa mère et son fils Guy, Joël et Francine. Ils sont entassés et partent en direction de Limoges. C’est la débâcle avec des milliers de personnes sur les routes. Ils arrivent à la Chaise-Dieu dans le département de la Haute-Loire. Ils sont très fatigués, désespérés et le moral à zéro. La grand-mère décide de faire une halte devant le premier hôtel et si possible de ne plus aller plus loin.

Le lendemain, Céline Blum-Guggenheim se rend à la mairie et immédiatement une personne s’occupe d’elle avec beaucoup de gentillesse compétente. C’est Monsieur Maurice Chantelauze. Il met à la disposition de cette famille la maison très confortable adjacente à sa maison. Il montre une porte commune aux deux maisons et dit « elle ne sera jamais fermée à clef et en cas de danger vous pourrez sortir par là ». Il s’occupe de fournir des papiers, des allocations, de l’école pour les enfants. Il sait que la famille est juive. En 1943, il fait établir des faux papiers à Joël au nom de Joël Blachier pour le soustraire au STO et trouve un internat pour le cacher. D’autres personnes de la famille viennent s’installer à la Chaise-Dieu : deux frères de Jules, Isaac et Louis avec leurs femmes, Berthe et Hélène, les enfants Guy, Jenny, Raoul, Violette.

En 1942, Céline tombe malade, très malade. Elle est opérée à Clermont-Ferrand puis à Lyon. Elle décède en septembre 1942. Tout le village assiste à l’enterrement au cimetière catholique et le rabbin fait les prières en hébreu. Toutes les familles juives réfugiées sont également présentes. Francine qui est alors âgée de dix ans doit s’occuper du quotidien de la maison.

En septembre 1943, la milice française avec des soldats allemands ont envahi et fouillé la maison à fond et ils n’ont rien trouvé. Ils ont emmené les hommes dans un hangar à l’entrée du village et ils ont laissé Francine sous la surveillance de deux soldats allemands. Les hommes ont été relâchés le lendemain matin. Le village s’était mobilisé avec le maire, Monsieur Chantelauze, un Français humaniste, sans préjugés, qui avait confiance en l’être humain, fidèle à ses valeurs et qui a protégé les Juifs sans aucune arrière-pensée.

Le lendemain, Monsieur Chantelauze emmène Francine et sa famille aux champs dans une ferme inhabitée, isolée où ils passent l’hiver, sans eau courante, sans électricité, avec une cheminée pour cuisiner, mais sauvés du pire. Les plus proches voisins sont des maquisards.

En 1944, la famille Blum-Guggenheim retourne à la Chaise-Dieu et attend la Libération. En mai 1945, tous rentrent en Alsace. Cette année-là, Monsieur Chantelauze devient préfet de la Résistance en Corrèze.

 

En 2018, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Maurice Chantelauze.