Bonneaud Félix

Bonneaud Marthe

Rebeyrol Jeannine

Année de nomination : 2019      Dossier n° 13672 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Félix Bonneaud
Date de naissance : 13/06/1901
Date de décès : 24/10/1977
Profession : Garde-barrière
Particularité : Catholique

Mme Marthe Bonneaud (née Malterre)
Date de naissance : 09/08/1901
Date de décès : 30/10/1976
Profession : Garde-barrière
Particularité : Catholique, Mère de 4 enfants

Mme Jeannine Rebeyrol (née Bonneaud)
Date de naissance : 24/04/1926
Date de décès : 23/05/2019
Profession : Information non disponible
Particularité : Catholique, 18 ans

Localisation

Localite : Tronget
Département : Allier
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 5 novembre 2019
Lieu : Mémorial de la Shoah (75004)

Personnes sauvées

Mme Marie-Christine Perreau-Saussine (née Meyer)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marthe Bonneaud

La famille Meyer est juive d’origine alsacienne, installée ensuite à Paris après 1870. André Meyer épouse Denise Lehmann en juin 1932 à la Grande Synagogue de la Victoire à Paris. Avant la guerre, André Meyer est médecin à Paris. Il est admissible à l’examen des Hôpitaux de Paris en 1939 et privé de la possibilité de poursuivre l’examen par les lois de Vichy. Plus tard, il sera professeur de médecine, chef de service à l’hôpital Boucicaut à Paris. Denise ne travaille pas. Le couple a un fils prénommé Philippe né en mai 1933 et une fille Marie-Christine née en août 1938.

En 1940, André Meyer, conscient du danger prend plusieurs décisions, d’abord changer le nom de famille en Maire et séparer les différents membres de sa famille. Denise s’installe à Pau avec ses deux enfants et ses parents en zone libre. Puis les parents s’installent à Tournon. Denise Meyer s’installe dans la région d’Annecy. Philippe est envoyé dans deux pensionnats catholiques. Les parents d’André s’installent à Nice. Dénoncés, ils sont arrêtés le 20 novembre 1942, envoyés à Drancy et à Auschwitz par le convoi N° 62 le 20 novembre 1943 où ils sont assassinés dès leur arrivée.

André Meyer demeure à Paris et fait des aller-retour à Pau jusqu’en 1943, date à laquelle il se rend en Suisse pour une mission confiée par la France Libre, passe en Espagne avant de rejoindre les armées de De Lattre de Tassigny en Afrique du Nord, armées avec lesquelles il débarque dans le sud de la France.

Les Meyer décident de placer Marie-Christine dans une famille catholique dans l’Allier au Tronget chez les Bonneaud. Marie-Christine reste de 1942 à 1944 chez les Bonneaud. Marie Bonneaud était la cuisinière des Meyer avant guerre et les Meyer ont toute confiance en elle. Son frère Félix et sa femme Marthe travaillent en qualité de gardes-barrières au Tronget. Les Bonneaud ont quatre enfants : Jeanine, Jacques, Pierre et Thérèse. Marie-Christine est considérée comme la fille naturelle de Marie Bonneaud, donc la nièce de Félix et de Marthe et la cousine de leurs enfants.

Marie-Christine reçoit les soins, l’attention, l’aide matérielle, morale et affective qu’une enfant de cet âge peut recevoir de ses oncle et tante, cousins et cousines. Elle fait partie de la famille Bonneaud. Elle mène une vie normale de petite fille, se sent en sécurité et n’a pas conscience du danger. Elle est proche en âge de Thérèse Bonneaud. Jeanine alors âgée de 18-20 ans s’occupe de la fillette avec beaucoup de gentillesse. C’est essentiellement le sens du devoir, le sentiment de faire ce qu’ils devaient faire qui a motivé la décision de Félix et Marthe Bonneaud d’accueillir Marie-Christine, malgré le danger réel représenté par une garnison allemande installée dans la gare du village.

Jeanine a prénommé sa propre fille Marie-Christine qui n’a cessé de vouloir entrer en contact avec Marie-Christine Meyer qu’elle a retrouvée en lui écrivant une lettre émouvante en 2016.

En avril 2019, Yad Vashem Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Félix Bonneaud, à son épouse Madame Marthe Bonneaud et à leur fille Jeanine Rebeyrol née Bonneaud.

 

septembre 1945 Jeannine Rebeyrol à son mariage avec ses parents Félix & Marthe Bonneaud