Léger Ennat

Léger Auguste

Année de nomination : 1979      Dossier n° 1726 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Ennat Léger
Date de naissance : 27/07/1895
Profession : Guide touristique
Particularité : Information non disponible

M. Auguste Léger
Date de naissance :
Date de décès : 12/04/1979
Profession : Comptable aux etablissements Parel
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Didier-au-Mont-d'Or
Département : Rhône
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 8 octobre 1980
Lieu : Yad Vashem Jérusalem ()

Personnes sauvées

Mme Marthe Bacharach

M. Bernard Jacubowicz

M. Max Jacubowicz

Mme Lénora Kornbluth (née Jami)

Mme Marcella Moerel

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Pendant l'Occupation, Auguste et Ennat Léger habitaient St-Didier au Mont d'Or, près de Lyon (Rhône). Le couple se dévoua pour sauver les personnes persécutées et procura notamment de faux papiers et des cartes d'alimentation à de nombreux juifs ainsi que de faux certificats de baptême pour leurs enfants. Auguste Léger fut arrêté par les autorités de Vichy vers la fin de 1940. Il ne parla pas, malgré la brutalité des interrogatoires subis, et fut remis en liberté au début de l'année 1941. Il reprit immédiatement ses activités de sauvetage. Sa femme Ennat, guide touristique, faisait passer des Juifs illégalement en Suisse. En 1942, M. Kornbluch, un ingénieur juif d'origine polonaise qui avait réussi à s'échapper lors de son transfert à Drancy, demanda l'assistance d'Ennat Léger. Il cherchait un asile pour lui, sa femme et leur fille Léonora, agée de neuf ans. Ennat hébergea la famille chez elle et fournit aux trois Kornbluch de faux papiers au nom de Clément. Les gendarmes firent plusieurs descentes au village. Un jour, quelques mois après l'arrivée des Kornbluch, ils se présentèrent au domicile des Léger pour arrêter les fugitifs. Ennat eut tout juste le temps de faire sortir le couple par la porte de derrière et de pousser l'enfant dans un placard. Elle déclara aux gendarmes que les Juifs étaient partis. Ensuite elle trouva une autre cachette pour les parents et plaça Léonora dans un pensionnat catholique à Lyon. En 1943, M. Kornbluch fut arrêté par la Gestapo. Ennat pénétra par effraction dans son appartement pour en retirer les papiers qui auraient pu l'incriminer. M. Kornbluch réussit à s'évader; les gendarmes vinrent arrêter Annat et la gardèrent en prison cinq jours. Malgré la cruauté des interrogatoires, elle tint bon et ne parla pas. Annat Léger fournit également de fausses cartes d'identité à la famille Bacharach, à laquelle elle remit les papiers militaires de son mari. Les Léger procurèrent aussi des faux papiers aux Joseph, des antiquaires de Paris, ainsi qu’à M. et Mme Jacubowicz et leur fils aîné Max. Ils hébergèrent le cadet, le petit Bernard, qui avait douze ans. Max fit à plusieurs reprises appel à eux afin d’obtenir de faux papiers pour des Juifs qu'il cherchait à sauver, et les Léger firent à chaque fois de leur mieux. Un jour, ayant le sentiment que Bernard était en danger, ils téléphonèrent à Max et lui demandèrent de reprendre l'enfant. Quelques heures plus tard, les gendarmes se présentèrent au domicile des Léger et arrêtèrent le couple. Ennat Léger fut déportée à Ravensbrück et son mari à Buchenwald. Par miracle, tous les deux survécurent. De retour en France, ils furent décorés pour leur action héroïque.

Le 29 novembre 1979, Yad Vashem a décerné à Auguste et à Ennat Léger le titre de Juste parmi les Nations.