Thèbe Louise

Année de nomination : 1980      Dossier n° 1807A -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Louise Thèbe
Date de naissance :
Profession : Directrice de l'?uvre Sainte-Germaine
Particularité : Catholique

Localisation

Localite : Capdenac
Département : Aveyron
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Annie Beck

M. Michel Fréjer

Mme Denise Hervichon

Mme Hélène Oberman

M. Albert Seifer

Mme Berthe Seifer

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Le 23 août 1942, monseigneur Saliège (q.v.), archevêque de Toulouse, publia une lettre pastorale qui fut lue dans toutes les églises du diocèse et provoqua de nombreuses réactions. L'évêque s'élevait contre le traitement infligé aux Juifs et déclarait clairement : "Ils sont nos frères comme tant d'autres. Un chrétien ne peut l'oublier." Cette intervention, venant d'un prélat qui, jusqu'alors, avait gardé le silence, avait été provoquée par les rafles de l'été et les déportations massives. Désormais l'archevêque va encourager les opérations de sauvetage des enfants juifs. Qu'il s'agisse d'enfants arrachés plus ou moins légalement aux camps du sud de la France, ou d'enfants dont les parents avaient disparu ou étaient sur le point d'être déportés. Il chargea de cette tâche, parmi d'autres, la directrice de l'Oeuvre Sainte Germaine, Louise Thèbes. Celle-ci utilisa l'école du couvent de Notre Dame de Massip à Capdénac, dans le Lot. Avant la guerre, la plupart des élèves venaient des environs ; douze lits sur les soixante dont disposait le pensionnat suffisaient pour les enfants habitant plus loin. Pendant l'été, une colonie de vacances, la "Colonie Sainte-Germaine" utilisait ce local. Louise Thèbes recrutait les enfants à Toulouse dans des familles catholiques pratiquantes aux ressources modestes, les amenait à Capdenac et les raccompagnait chez eux une fois les vacances terminées. A la suite de la lettre de monseigneur Saliège, ce recrutement changea : Louise Thèbes escorta un nombre croissant de petits Juifs vers le couvent de Massip et son école. L'opération, commencée à la fin 1942, prit de l'ampleur avec l'aggravation de la situation dans le sud de la France. A l’été 1944, l'école ne comptait pas moins de 65 élèves juifs ainsi qu'un certain nombre d'adultes, qui y trouvaient refuge pour des périodes plus ou moins longues. Plusieurs religieuses, dont la directrice de la colonie, Soeur Denise Bourgon (q.v.) étaient au courant ainsi que des enseignantes telle Marguerite Roques (q.v.). Pour éviter d'attirer l'attention, les enfants se voyaient attribuer de faux noms à leur arrivée et devaient aller à la messe le dimanche. Denise Hervichon et Annie Beck, qui avaient quinze ans, le petit Albert Seifer, huit ans et sa grande soeur Berthe, 12 ans, furent parmi les jeunes Juifs qui trouvèrent asile au couvent. Dans son témoignage après la guerre. Denise raconte que l'établissement "n'avait ni eau courante, ni chauffage, ni téléphone. Massip était un petit pensionnat religieux aux moyens très modestes, la table restait frugale mais on s'en accommodait bien. Tous, enfants et adolescents, nous n'avons jamais cessé de nous sentir en sécurité, heureux même, et surtout aimés." Tous les enfants cachés au couvent survécurent à l'Occupation et rentrèrent sains et saufs à Toulouse à la Libération.

Le 8 juillet 1980, Yad Vashem a décerné à Louise Thèbes le titre de Juste parmi les Nations.