Weiss Joseph

Weiss François

Weiss Elisabeth

Année de nomination : 1981      Dossier n° 1974 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Joseph Weiss
Date de naissance : 1902
Profession : Mineur
Particularité : Information non disponible

M. François Weiss
Date de naissance : 1927
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

Mme Elisabeth Weiss
Date de naissance :
Profession : Femme au foyer
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Bourganeuf
Département : Creuse
Région : Limousin
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. David Rozenberg

Mme Ruhla Wagman

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

A l'arrivée des Allemands en mai 1940, les Wagman s'enfuirent du Luxembourg avec leurs deux filles, âgées de quatre et sept ans, et cherchèrent refuge dans le sud de la France, s'arrêtant à Bayonne, puis à Marseille avant de s'établir à Bourganeuf (Creuse). En août 1942, M. Wagman fut arrêté et déporté à Auschwitz. Peu après, ce fut au tour de sa femme et de ses filles d'être arrêtées et internées au camp de transit d'Egleton, première étape sur le chemin de la déportation. Toutefois, Mme Wagman, qui avait été naturalisée française, put faire la preuve qu'elle était arrivée en France en 1922. Les mesures de dénaturalisation ne touchaient que les personnes arrivées après 1933. Elle fut donc remise en liberté avec ses filles. Son neveu, David Rozenberg, lui fit connaître les Weiss, des Français évacués de Forbach (Moselle) au début de la guerre. Joseph Weiss était mineur. Son fils aîné, François, qui avait seize ans, était l'ami de David. Les Weiss donnèrent au jeune juif un faux certificat de baptême ainsi que la carte d'identité et la carte d'alimentation de François . Muni de ces précieux papiers, il se réfugia dans la zone occupée par l'Italie. Peu après, Elisabeth Weiss rendit visite à Mme Wagman qu'elle trouva calfeutrée chez elle, encore traumatisée par son internement et la déportation de son mari. Elisabeth décida de la secourir et lui offrit l'hospitalité. Elle ne disposait pourtant que d'un petit appartement de deux pièces-cuisine. Elle mit la chambre de François à la disposition des deux fillettes et de leur maman tandis que toute sa famille - père, mère et quatre enfants - dormait dans l'autre. Cette situation se prolongea jusqu'à la fin de l'Occupation, soit pendant près d'un an et demi. Pour aider à nourrir les deux familles, Mme Wagman trouva du travail chez des paysans, qui la payaient en produits de la ferme. Elisabeth Weiss restait à la maison, s'occupant des enfants et de la cuisine. Lorsque Mme Wagman la remerciait de sa généreuse hospitalité, Elisabeth lui répliquait que grâce à elle les Weiss avaient de quoi manger. Le curé de la paroisse, qui connaissait la situation, tenta plusieurs fois de convaincre Elisabeth de se débarrasser des locataires qui mettaient en danger sa vie et celle des membres de sa famille. Profondément croyante, elle répondait invariablement "Dieu est avec moi". Elle avait mis une vaisselle spéciale à la disposition des Wagman pour leur permettre de respecter les préceptes alimentaires juifs. Les deux familles restèrent très liées après la guerre.

Le 1er janvier 1981, Yad Vashem a décerné à Joseph et à Elisabeth Weiss ainsi qu'à leur fils François, le titre de Juste parmi les Nations.