Theis Mildred

Theis Edouard

Année de nomination : 1981      Dossier n° 2066 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Mildred Theis (née Degger)
Date de naissance : 01/12/1901
Date de décès : 07/11/1973
Profession : Directrice du Collège Cévénol
Particularité : Mère de 8 enfants

Pasteur Edouard Theis
Date de naissance : 08/03/1899
Date de décès : 29/12/1984
Profession : Pasteur ERF, directeur du collège protestant "Cévénol", objecteur de conscience
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Le Chambon-sur-Lignon
Département : Haute-Loire
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 30 novembre 1981
Lieu : Valence ()

Personnes sauvées

Information non disponible

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Novembre 1940, Edouard & Mildred THEIS Peu après avoir été nommé chef spirituel de la communauté protestante du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), André Trocmé (q.v.) créa un établissement d’enseignement libre, le Collège Cévenol. A sa direction, il appela son confrère Edouard Theis. Les deux pasteurs partageaient les mêmes idées, tous deux étaient objecteurs de conscience. Après l’avènement du régime de Vichy, ils incitèrent ouvertement leurs paroissiens à protéger les Juifs. Le Chambon et les communes environnantes du plateau Vivarais-Lignon devinrent un refuge unique en France pour les persécutés juifs. Le pasteur Theis lui-même et son épouse Mildred recueillirent des réfugiés chez eux, dans l’attente de leur trouver un abri durable au foyer d’habitants du Chambon. Ils leur manifestaient une réelle fraternité et un grand respect de leur dignité. Le dimanche 16 août 1942, le secrétaire d’Etat à la Jeunesse de Vichy, Georges Lamirand, se rendit en visite officielle au Chambon-sur-Lignon. Edouard Theis, de même que son collègue Trocmé, refusèrent de prêcher au temple en sa présence. Une dizaine d’élèves du Collège Cévenol remirent à Lamirand une lettre : "Nous tenons à vous faire savoir qu’il y a parmi nous un certain nombre de Juifs. Si nos camarades, dont la seule faute est d’être nés dans une autre religion, recevaient l’ordre de se laisser déporter, ils désobéiraient aux ordres reçus, et nous nous efforcerions de les cacher de notre mieux". Moins de quinze jours après la visite de Lamirand, un important détachement de gendarmerie escorté de fourgons de police s’installa à Chambon et entreprit des fouilles systématiques. Au temple le dimanche, Trocmé et Theis lurent une déclaration invitant leurs fidèles à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le pasteur Theis a expliqué plus tard qu’il obéissait à "Deutéronome, chapitre 19, versets 2 à 10, [où] Dieu a prescrit à son peuple de créer des villes de refuge où un innocent pourra trouver asile : Ainsi le sang d’un innocent ne sera pas versé, (sinon) ce sang retomberait sur toi". Après plusieurs jours de vaines perquisitions, les gendarmes repartirent bredouilles. En février 1943, Edouard Theis ainsi que le pasteur Trocmé et un instituteur, Roger Darcissac (q.v.) furent arrêtés et internés durant trois semaines au camp de Saint Paul d’Eyjeaux, près de Limoges. Le commandant du camp leur offrit la liberté en échange de l’engagement écrit de se soumettre aux ordres des autorités. Ils refusèrent net et furent relâchés malgré tout. A l’automne de la même année, recherché par la Gestapo, le pasteur disparut dans la clandestinité, et prit part aux filières d’évasion de la CIMADE vers la Suisse.

Le 15 juillet 1981, Yad Vashem a décerné à Edouard et Mildred Theis le titre de Juste parmi les Nations.

 

De gauche à droite le pasteur André TROCME et son fils Jacques, le pasteur Edouard THEIS Pasteur Edouard THEIS et sa femme Mildred Roger DARCISSAC au milieu à sa gauche André TROCME et à sa droite Edouard THEIS