Baux Andrée

Baux Blanche

Baux Norbert

Année de nomination : 1981      Dossier n° 2173 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mlle Andrée Baux
Date de naissance :
Profession : 15 ans
Particularité : Catholique

Mme Blanche Baux
Date de naissance :
Profession : Confectionneur, mère de deux enfants
Particularité : Catholique

M. Norbert Baux
Date de naissance :
Profession : Confectionneur
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Lavaur
Département : Tarn
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Estéra Steinfeld

M. Pinkus Steinfeld

Mme Gisèle Steinfeld

M. Bernard Steinfeld

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

La famille Baux habitait Lavaur (Tarn) en zone sud, à l'est de Toulouse, et dirigeait une fabrique de vêtements qui lui appartenait. Pinkus Steinfeld, un Juif de Belgique, qui s'était enfui de son pays avec sa femme Estéra et la petite Gisèle âgée de un an, arriva à Lavaur et fut embauché par Norbert Baux. En mars 1941, le réfugié fut arrêté et envoyé dans un camp de travail près de Castres. Plus tard, la même année, Estéra mit au monde un deuxième enfant, Bernard. Baux multiplia les efforts pour faire remettre Pinkus en liberté. Il attesta que sa présence était indispensable au bon fonctionnement de la fabrique et se porta garant que l'homme resterait dans la région. Son intervention fut couronnée de succès et Steinfeld fut libéré après avoir passé quatre mois à Castres. Cependant, deux mois plus tard, il reçut l'ordre d'y retourner. Il décida de ne pas obéir, ayant entendu dire que, de ce camp, on expédiait les Juifs à Drancy. Steinfeld vécut caché derrière un placard dans l'appartement des Baux de mai 1942 à la Libération en août 1944. Baux se présenta au camp de travail à sa place et déclara que son employé s'était sauvé sans laisser d'adresse. Après la guerre, Steinfeld raconta comment les Baux - Norbert, sa femme Blanche (une catholique pratiquante) et leur fille Andrée, alors âgée de quinze ans - l'avaient aidé par tous les moyens, le traitant avec chaleur et affection sans rien demander en retour. Lorsque les Baux revenaient de l'église, Blanche aspergeait d'eau bénite les marches conduisant à la cachette en proclamant : "Les Allemands ne mettront pas les pieds ici." Pendant toute cette période la femme et les enfants de Pinkus Steinfeld continuèrent à habiter à Lavaur. Chaque fois que la rumeur annonçait une nouvelle expédition allemande à la recherche de Juifs, ils se sauvaient dans des villages avoisinants, et y restaient pendant plusieurs jours. Les deux familles se lièrent d'une amitié qui ne prit pas fin avec la guerre. De retour en Belgique les Steinfeld accueillirent les Baux chez eux chaque année.

Le 3 décembre 1981 Yad Vashem a décerné à Norbert, Blanche et Andrée Baux le titre de Juste des Nations.

De gauche à droite: le consul, les sauveteurs et la femme du survivant De droite à gauche. Derrière,  le maire et le consul; au milieu, la femme du survivant et le couple sauveteur; devant les enfants des sauveteurs

Le témoignage

Pinkus Steinfeld, son épouse Estera et sa petite fille Gisèle (3 mois) sont, en 1940, réfugiés à Lavaur (à 30km de Toulouse). Il travaille chez M. Baux, qui a un atelier de confection.
En mars 41, il est emmené dans un camp de travail à Castres. Il laisse donc sa femme, enceinte, et sa petite fille. Il y reste 4 mois. Mais pendant ce temps, M. Baux se démène pour le faire sortir et s'occupe de sa femme et de sa fille en leur procurant de quoi manger.
Il réussit à faire sortir M. Steinfeld. Mais deux mois après sa libération, celui-ci doit répondre à une convocation de se présenter à Castres (qui était l'antichambre de Drancy). M. Baux décide de cacher M. Steinfeld chez lui. Il se présente à sa place à Castres et déclare que M. Steinfeld s'est enfui.
M. Baux avait préparé chez lui, derrière une armoire, une cachette qui contenait un lit. M. Steinfeld y restera de mai 42 à août 44 malgré les fréquentes " visites " de la gendarmerie française qui venait fouiller la maison.
Pour le nourrir, M. Baux achetait de la nourriture au marché noir sans jamais demander un sou. Leur fille Andrée, de 15 ans, était dans la confidence.