Mingat Anne-Marie

Lerme Marthe

Année de nomination : 1982      Dossier n° 2249 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Anne-Marie Mingat (née Lerme)
Date de naissance : 1918
Date de décès : 2017
Profession : Secrétaire de mairie
Particularité : Résistante

Mme Marthe Lerme
Date de naissance :
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Domène
Département : Isère
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Félicia Przedboeski

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Anne-Marie Mingat

Anne-Marie Mingat vivait à Domène (Isère) avec son mari et sa mère, Marthe Lerme. La jeune femme, qui était la secrétaire de mairie, était chargée à ce titre d'émettre les cartes d'alimentation. Elle faisait aussi de la Résistance. Vers la fin de l'année 1942, Zisla Przedborski, réfugiée juive de Pologne, vint faire renouveler ses coupons d'alimentation et ceux de son mari et de sa fille de douze ans, Félicia. Anne-Marie l'écouta avec tant de sympathie que Zisla, prenant son courage à deux mains, lui demanda de cacher Félicia. Malgré les réticences de son mari qui ne souhaitait pas héberger une jeune Juive, Anne-Marie Mingat, qui avait alors 24 ans, accepta, avec le soutien de sa mère Marthe Lerme. Pour détourner les soupçons des voisins, la jeune femme présenta Félicia comme une nièce de Paris venue se réfugier à la campagne. Elle munit la fillette d’une fausse carte d'identité et d’une carte d'alimentation et l'inscrivit à l'école du village. Auparavant, elle lui avait expliqué que, pour sa propre sécurité, elle devait prendre une nouvelle identité tant que les choses ne seraient pas redevenues normales. C'est la raison pour laquelle elle lui enseigna les rudiments de la liturgie catholique, lui fit porter une croix en or au cou et lui donna un missel. Toujours dans le souci de ne pas attirer l'attention, la jeune femme, qui n'était pas pratiquante et n'avait pas l'habitude d'aller à la messe, prit soin d'aller à l'église les dimanches et jours de fête pendant toute la période où elle hébergea l'enfant. Toutefois elle ne cessait de lui dire que ce n'était que temporaire et qu'elle pourrait reprendre un jour sa propre identité et sa religion. Anne-Marie et sa mère ne ménagèrent pas leurs efforts pour que la fillette se sente bien : alors qu’elle faisait à pied toutes ses courses, elle acheta une bicyclette pour Félicia. Elle avait aussi trouvé une cachette pour ses parents, une maison abandonnée qu'elle faisait discrétement surveiller par des résistants pour la sécurité de ses protégés. Mais elle n’en informa pas l'enfant, pour ne pas la mettre en danger. Les Przedborski avaient également reçu de faux papiers d'identité. Ni Anne-Marie ni sa mère ne demandèrent jamais la moindre rétribution. Après la guerre, Félicia raconta qu'elle s'était tant attachée à Anne-Marie qu'elle avait beaucoup souffert de leur séparation à la Libération : "Quand mes parents sont venus me reprendre à la fin de la guerre, je ne savais pas de quel côté je devais aller, c'est-à-dire aller avec mes parents ou rester avec Anne-Marie. J'ai adoré Anne-Marie. Elle a été pour moi une vraie mère. Je lui dois tout, elle m'a sauvé la vie." Plus tard Anne-Marie et son mari divorcérent. Elle fonda un autre foyer et s’établit dans une autre ville. Partis en Israël, les Przedborski perdirent le contact avec celle qui les avait sauvés et dont ils ignoraient le nouveau nom. Ce n'est qu'au bout de nombreuses années qu'ils arrivèrent à retrouver sa trace.

Le 18 avril 1982, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Anne-Marie Mingat et Marthe Lerme le titre de Juste parmi les Nations.