Bunel Lucien

Année de nomination : 1985      Dossier n° 3099 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Père Lucien Bunel
Date de naissance : 29/01/1900
Date de décès : 02/06/1945
Profession : Prêtre, Religieux de l'ordre des Carmes, directeur du collège des Carmes
Particularité : Résistant, arrêté le 15 janvier 1944, déporté

Localisation

Localite : Avon
Département : Seine-et-Marne
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Jacques Halpern

M. Hans Michel

M. Maurice Schlosser

M. Lucien Weil

Lieux de mémoire

Rue des Justes à Avon
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Père Jacques en uniforme Lucien Bunel, religieux de l’ordre des Carmes, était directeur du Petit collège des Carmes qu'il avait fondé à Avon, près de Fontainebleau. Tout le monde l'appelait père Jacques. Pendant l'occupation, il avait décidé d'accueillir dans son établissement des personnes fuyant les persécutions allemandes. Jacques Halpern, Maurice Schlosser et Hans Helmut Michel, trois jeunes Juifs, avaient été admis à l'internat du collège où ils poursuivaient leurs études sous de faux noms que Lucien Bunel leur avait donnés. Le directeur avait aussi engagé comme professeur Lucien Weil, qui venait de perdre son poste d'enseignant de Sciences naturelles au lycée de Fontainebleau du fait de la législation de Vichy sur l'emploi des Juifs. Le 15 janvier 1944, sur une dénonciation précise d'un mouchard bien informé, la Gestapo se présenta par surprise aux portes du collège. Les agents pénétrèrent dans les salles de classe et arrêtèrent sur le champ les trois jeunes Juifs. Ils furent déportés à Auschwitz, d'où aucun ne revint. Le père Jacques fut arrêté lui aussi et l'établissement fermé sur ordre des Allemands. Le même jour, Lucien Weil, sa mère et sa soeur furent arrêtés à leur domicile de Fontainebleau. Déportés à Auschwitz, ils y trouvèrent la mort. Lucien Bunel fut d'abord interné à la prison de Fontainebleau, puis déporté à Mauthausen, et transféré ensuite dans d'autres camps en Allemagne. Il réussit à rester en vie jusqu'à la libération du camp, mais, épuisé par les conditions inhumaines de sa détention, succomba quelques jours plus tard. Son corps fut rapatrié en France et inhumé au cimetière d'Avon. Cette tragique tentative de sauvetage s'étant terminée par la mort de toutes les personnes concernées, l'héroisme du prêtre serait resté oublié sans le témoignage de la soeur d'Hans Helmut Michel. Elle raconta que, non content d'avoir caché son frère, Lucien Bunel organisa deux rencontres entre le frère et la soeur durant des récréations. Au cours de l’une d’elles, la jeune femme exprima sa gratitude au père Jacques et lui avoua qu'elle ne savait pas quand et comment elle pourrait s'acquitter des frais de scolarité. Il lui répondit qu'il n'attendait rien en retour, ni maintenant, ni dans l'avenir et qu'au contraire il serait ravi de voir son frère poursuivre ses études après la guerre jusqu'au baccalauréat. Comme l'adolescent n'avait plus de parents, dit-il, il prendrait volontiers leur place. Louis Malle, qui était lui aussi élève du Petit collège avant de devenir un grand metteur en scène, basa son film "Au revoir les enfants" sur le souvenir qu'il avait gardé de la tragédie du père Jacques et de ses trois protégés juifs.

Le 17 janvier 1985, Yad Vashem a décerné à Lucien Bunel, dit Père Jacques, le titre de Juste des Nations.

 

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