Vacheyroux Valentine

Vacheyroux Paul

Dannequin Marie-Louise

Année de nomination : 1985      Dossier n° 3186 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Valentine Vacheyroux
Date de naissance :
Profession : Epicière
Particularité : Information non disponible

M. Paul Vacheyroux
Date de naissance :
Profession : Epicier
Particularité : Information non disponible

Mme Marie-Louise Dannequin (née Vacheyroux)
Date de naissance :
Profession : 16 ans
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Angoulême
Département : Charente
Région : Poitou-Charentes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

L'histoire

Les Sztybel, des Juifs polonais qui s'étaient installés à Metz, se réfugièrent à Angoulème au début de la guerre. Leur fille Yeta, née en 1940, avait la nationalité française. Ils se lièrent d'amitié avec leurs voisins, les Vacheyroux, qui tenaient une épicerie. Sachant que la police française traquait les Juifs étrangers, les Sztybel s’inquiétaient de ce qu’il adviendrait de Yeta s'ils étaient arrêtés. Les Vacheyroux les rassurèrent : ils s'occuperaient de l'enfant. En 1942, les parents de Yeta furent en effet arrêtés avec la plupart des membres de leur famille, puis déportés vers les camps de l’est. La petite fille fut placée dans un orphelinat. Paul et Valentine Vacheyroux et surtout Marie-Louise, qui avait alors seize ans, continuèrent à s'intéresser à elle, allaient la voir et restaient en contact avec la direction de l'établissement. Sous l'effet de la séparation d'avec sa maman, la santé de Yeta se détériora. Les Vacheyroux, comprenant que l'orphelinat n'était pas une bonne solution pour elle, allèrent la chercher et la ramenèrent chez eux. Choyée et bien soignée, surtout par Marie-Louise, l'enfant se rétablit rapidement. Lorsque la police se mit à traquer aussi les Juifs français, Paul et Valentine, craignant le pire, décidèrent de transférer Yeta en lieu sûr. C'est Marie-Louise qui accompagna la petite en train vers Marthon, le village éloigné où vivait Marjuet, la nourrice de son petit frère. L'adolescente, portant l'enfant dans ses bras, fit trois kilomètres à pied à travers champs pour arriver chez elle. Marjuet accepta d'accueillir Yeta. Les Vacheyroux avaient vu juste : la police ne viendrait pas chercher des Juifs en ce lieu isolé. Yeta vécut paisiblement dans ce refuge jusqu'à la Libération. Pratiquement toute sa famille ayant péri, ses sauveurs voulurent alors l'adopter. Mais leur demande fut refusée et en 1945 Yeta fut placée dans un foyer dirigé par l'Organisation de Secours aux enfants (OSE) puis, en 1948, accueillie par une tante qui vivait à Metz. Lorsqu'elle eut seize ans, Yeta Sztybel reprit contact avec Marie-Louise Vacheyroux, qui avait tant fait pour la sauver, et elles restèrent amies depuis lors.

Le 27 octobre 1987, Yad Vashem a décerné à Marie-Louise Dannequin, née Vacheyroux, et à Paul et Valentine Vacheyroux ses parents le titre de Juste des Nations.