Oddon Reine

Oddon Jean

Année de nomination : 1988      Dossier n° 4038 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Reine Oddon (née Prunier)
Date de naissance : 01/07/1905
Date de décès : 25/04/1993
Profession : Mère au foyer, mère de 4 enfants
Particularité : Information non disponible

M. Jean Oddon
Date de naissance :
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Valence
Département : Drôme
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 2 décembre 1990
Lieu : Domicile des personnes sauvées à Montgeron ()

Personnes sauvées

Mme Elisabeth Katz

M. Otto Katz

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

En juillet 1938, quatre mois après l'Anschluss, le docteur Otto Katz s'enfuit d’Autriche pour aller se réfugier dans sa famille à Anvers. Lorsque les Allemands envahirent la Belgique, Katz fut arrêté. Par la suite, il fut interné au camp de Gurs dans les Pyrénées. Transféré de ce camp à un autre, puis à un troisième, il tenta d'y exercer la médecine et de soigner les autres prisonniers, jusqu'à son affectation au Groupe de travailleurs étrangers (GTE) stationné à Albi (Tarn). En 1941, Thérèse, sa fiancée, arriva dans le sud de la France et ils se marièrent. Otto s’était évadé du camp et commença à reprendre une vie normale avec sa femme. Toutefois, il vivait dans un danger constant, en sa double qualité de déserteur et de juif. En août 1942, il s'enfuit à Nîmes (Gard) avec sa femme et leur enfant nouveau né ; en mai 1943, ils durent encore une fois se sauver et arrivèrent à Valence (Drôme). Leurs nouveaux voisins, Jean et Ninette Grassias, remarquèrent que le petit pleurait constamment; ils se dirent qu'il avait sans doute faim parce que sa maman n'avait pas assez de lait. Ninette, qui avait un bébé du même âge, commença à apporter chaque jour aux Katz une bouteille de lait pour leur enfant. Jean Grassias était fonctionnaire à la préfecture. Lorsqu'il découvrit que son voisin juif était considéré comme déserteur, il procura à toute la famille des faux papiers et des cartes d'alimentation. Jean Grassias présenta ensuite ses voisins à des amis, Jean et Reine Oddon, qui habitaient également Valence et qui, comme les Grassias, possédaient une maison de campagne à Verchêne, à une cinquantaine de kilomètres de Valence. Jean et Ninette mirent leur maison à la disposition des Katz. Ils y vécurent un certain temps, puis furent hébergés dans celle de Jean et Reine Oddon, qui habitaient non loin de là avec leurs quatre fillettes, âgées de neuf à treize ans. Les Katz y demeurèrent jusqu'à la fin de l'année 1943. Les habitants du village se montraient accueillants et les Oddon s'occupaient de leur fournir le nécessaire, et leur apportaient même des vêtements. Les Oddon faisaient ainsi preuve d'un grand courage : la soeur de Jean avait en effet été arrétée par la Gestapo pour faits de Résistance, puis déportée dans un camp de concentration en Allemagne. Au début de 1944, la Gestapo déclencha une chasse à l'homme pour retrouver Otto Katz. Les Oddon procurèrent à la famille une autre cachette, où elle put séjourner jusqu'à la Libération. Après la guerre, les Katz devaient dire que les Grassias et les Oddon, qui les avaient adoptés pendant la guerre, faisaient désormais partie de leur famille.

Le 26 décembre 1988, Yad Vashem a décerné à Jean et Ninette Grassias et à Jean et Reine Oddon, le titre de Juste parmi les Nations.