Lemarchands Andrée

Lemarchands Maurice

Année de nomination : 1989      Dossier n° 4200 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Andrée Lemarchands
Date de naissance :
Profession : Mère de 2 enfants
Particularité : Information non disponible

M. Maurice Lemarchands
Date de naissance :
Profession : Entrepreneur
Particularité : Chef de la Résistance de la région

Localisation

Localite : Villedieu-les-Poêles
Département : Manche
Région : Basse-Normandie
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Monique Frankston (Krausz)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Pendant l'Occupation, Maurice et Andrée Lemarchands sauvèrent la vie de Monique Krausz, une adolescente juive de quatorze ans venue se réfugier à Torigni-sur-Vire (Manche) avec ses parents. En avril 1941, son père fut arrêté et un an plus tard, fut déporté à Auschwitz. En octobre de la même année, Monique fut mise en pension dans une école située à une vingtaine de kilomètres. Rentrant chez elle un jour de novembre, elle trouva les scellés sur la porte. La concierge avait dénoncé sa mère aux Allemands, qui avaient arrêté Mme Krausz et mis les scellés. Des voisins dirent à Monique que les Allemands la cherchaient elle aussi; mais, craignant pour leur vie, ils l'abandonnèrent à son sort. Monique retourna au pensionnat et fit appel à la directrice, qui la conduisit elle-même à la gare et l'envoya chez ses cousins, Maurice et André Lemarchands, à Villedieu-les-Poêles, qui l'accueillirent chaleureusement. Leurs deux fils présentèrent l'adolescente comme une cousine. Les Lemarchands lui procurèrent de faux papiers grâce auxquels ils la mirent un peu plus tard en pension dans une école catholique. Un an plus tard, vers la fin de 1943, Monique interrompit ses études et revint chez eux. Ils l'accueillirent une nouvelle fois. Pourtant, le danger s'était accru, un officier allemand ayant réquisitionné une des pièces de leur maison. Monique Krausz vécut chez Maurice et Andrée Lemarchands jusqu'à la Libération. Ce n'est qu'alors qu'elle apprit que Maurice était le commandant des forces de la Résistance dans la région. Après la guerre, elle resta en relations avec ses sauveteurs de longues années durant.

Le 29 avril 1989, Yad Vashem a décerné à Maurice et à Andrée Lemarchands le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Maurice LEMARCHANDS En 1939, quand la guerre éclate, la famille Krausz  vit à Cherbourg (Manche). Les Krausz tiennent un petit commerce de vêtements sur les marchés en ville et autour de Cherbourg et sillonnent quotidiennement les petites villes avoisinantes. 

Très rapidement, Cherbourg est bombardé par les allemands et la famille se réfugie dans le petit village de Thorigny-sur-Vire, près de Saint-Lô en Normandie. 

En Avril 1941, Slavko Krausz, le père est arrêté comme citoyen d’origine yougoslave et interné à Compiègne. Il fut par la suite transféré à Drancy en 1942, d’où il fut déporté pour Auschwitz et ne reviendra pas. 

En Octobre 1942, sa fille Monique 14 ans est placée comme interne dans un Collège de Saint-Lô, à une vingtaine de km de leur domicile. Klara Krausz, la mère, fut  arrêtée car la  propriétaire l’avait dénoncé et sera déportée à Auschwitz et ne reviendra pas. 

Les voisins ne proposèrent pas leur aide à la petite fille désormais seule, par crainte de représailles. Elle alla à nouveau à Saint-Lô et, au collège, pour voir la principale qui l’envoya chez des cousins qui vivaient à Villedieu-les-Poëles, une petite ville située à une quarantaine de km. Ces cousins, Maurice & Andrée Lemarchands cachèrent la petite adolescente jusqu’à la fin de la guerre. 

Maurice & Andrée Lemarchands avaient deux fils. Ils répondaient à tous les besoins de Monique, tant physiques que moraux et faisaient tout pour l’aider dans sa grande détresse. Ils lui procurèrent aussi de faux papiers : de Monique Krausz elle devient Monique Cros.

Son lieu de naissance devint Dreux, une ville qui avait été bombardée en 1940 et dont la mairie avait été détruite, rendant toute vérification impossible. 

A la fin de 1942 les Lemarchands l’envoient comme pensionnaire dans un Institut catholique à Antony en région parisienne, pour plus de sécurité. Seule la Mère Supérieure connaissait son origine juive.  Mais dès En Juillet 1943, elle retourne chez les Lemarchands jusqu’à la fin de la guerre. 

 

 

 

 

 

 

 

SLAVKO KLARA Juin 1927 les parents de Monique Frankston