Tracol Henriette

Année de nomination : 1989      Dossier n° 4421 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Henriette Tracol (née Lannes)
Date de naissance : 12/11/1899
Date de décès : 1980
Profession : Traductrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Villemoisson-sur-Orge
Département : Essonne
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 19 janvier 1994
Lieu : Assemblée Nationale (75007)

Personnes sauvées

M. Jules Lew

Mme Adassa Lew (née Wayser)

M. Jean Swiadoszcz

Mme Fryda Swiadoszcz

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Henriette Tracol habitait à Villemoisson sur Orge (Seine-et-Oise). Par son courage et sa générosité elle sauva la vie des membres la famille Sviadoc-Koushnir. Lorsque la guerre éclata, M. et Mme Koushnir, leur fils aîné marié et son épouse ainsi que leur second fils, âgé de seize ans, vivaient à Paris. Le 16 juillet 1942 des policiers français se présentèrent à leur domicile pour les arrêter. La concierge eut tout juste le temps de les cacher dans un appartement inoccupé. Ils y vécurent deux semaines. Le fils marié, qui était à l'hôpital où il venait de subir l'ablation d'un rein, réussit à sortir en secret et à rejoindre sa femme et sa famille. Le 8 août, un ami de la famille, un Juif qui habitait le même immeuble qu'Henriette Tracol, conduisit tous les Sviadoc-Koushnir dans son appartement de Villemoisson. Un peu plus tard, lui-même franchit la ligne de démarcation avec toute sa famille. Les Sviadoc-Koushnir ne purent le suivre, leur fils étant trop malade. En octobre, M. Sviadoc-Koushnir se rendit à son domicile parisien où devait l'attendre quelqu'un qui lui avait promis des cartes d'alimentation. Sans doute dénoncé par cette personne, il ne revint jamais. Les quatre membres de la famille se retrouvèrent seuls; l'aîné, malade, ne pouvait faire grand chose. C'est alors qu'Henriette Tracol vint à leur secours, leur assurant de son mieux logement et nourriture jusqu'à la Libération. Pendant de longs mois, elle n'en parla à personne; ce n'est que vers la fin qu'elle se confia à des amis sûrs. Après sa mort, sa fille déclara que si de son vivant sa mère avait appris "l'honneur qui lui échoit, elle aurait murmuré, dans un sourire : Nous sommes tous des justes en puissance. Il suffit de vouloir..." En sauvant les Sviadoc-Koushnir, Henriette Tracol mettait en danger sa propre famille. La contrée grouillait d’Allemands et de mouchards, et les fugitifs figuraient sur la liste des personnes à arrêter.

Le 26 octobre 1989, Yad Vashem a décerné à Henriette Tracol le titre de Juste parmi les Nations.