Jouvenceau Jeanne

Cordelier Eugène

Jouvenceau Jeanne

Cordelier Marcelle

Année de nomination : 1989      Dossier n° 4472 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Jeanne Jouvenceau
Date de naissance :
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

M. Eugène Cordelier
Date de naissance :
Profession : Cultivateur
Particularité : Information non disponible

Mme Jeanne Jouvenceau (née Cordelier)
Date de naissance :
Profession : Propriétaire d'une maison, employée de maison
Particularité : Information non disponible

Mme Marcelle Cordelier
Date de naissance :
Profession : Cultivatrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Bonnet-En-Bresse
Département : Saône-et-Loire
Région : Bourgogne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Françoise Kohn (née Weil)

Mme Micheline Treves (Née Weill)

M. Robert Weill

Mme Madeleine Weill

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jeanne Jouvenceau était propriétaire d’une petite maison à Saint-Bonnet-en-Bresse (Saône et Loire), où vivaient son frère Eugène Cordelier et son fils Francis Jouvenceau. Elle même travaillait à Paris, depuis fort longtemps, comme employée de maison au foyer de Robert Weill. Au début de l’Occupation, celui-ci quitta la capitale pour se réfugier en Savoie, à Challes-les-Eaux, avec ses proches, en tout 21 personnes. Jeanne Jouvenceau, solidaire, suivit ses employeurs. La région passa sous occupation allemande en septembre 1943. Aussi les Weill s’équipèrent tous de faux papiers. Or les habitants de la petite station savoyarde connaissaient ces réfugiés juifs, dont la sécurité devenait de plus en plus précaire. Jeanne proposa spontanément d’emmener chez elle les deux filles de Robert Weill, Micheline, 15 ans, et Françoise 12 ans, et de chercher dans le village des abris sûrs pour les autres membres de la famille. La maisonnette de Jeanne, qui comptait deux pièces, se trouvait à l’écart de Saint-Bonnet-en-Bresse, mais sur la route nationale, et sa mère y demeurait. Celle-ci déménagea chez son fils, Eugène Cordelier, pour laisser la place aux réfugiés. En l’espace de quelques jours, les Weill quittèrent Challes-les-Eaux et gagnèrent les "planques" que Jeanne leur avait préparées, dans le village même et ses environs. Sa belle-fille, dont le mari Francis était prisonnier de guerre, accueillit elle aussi gracieusement des proches de Robert Weill. De nombreux sabotages eurent lieu dans la région faisant des victimes parmi les Allemands. Ceux-ci brûlèrent un village voisin de Saint-Bonnet, après y avoir fusillé une dizaine d’hommes, dont deux neveux de Jeanne. La maisonnette située en bordure de la route nationale était désormais dangereusement exposée et ses occupants furent alors accueillis par Eugène Cordelier et sa femme Marcelle, demeurant au centre du village. Malgré les risques et en dépit des charges, ils n’acceptèrent aucune contrepartie, exactement comme leur nièce, épouse de Francis Jouvenceau qui elle aussi s’appelait Jeanne.

Le 28 novembre 1989, Yad Vashem a décerné à Jeanne Jouvenceau, à Eugène et Marcelle Cordelier, et à Jeanne Jouvenceau (belle-fille de la première) le titre de Juste des Nations.