Gret Henriette

Année de nomination : 1991      Dossier n° 4845 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Henriette Gret
Date de naissance :
Profession : Religieuse à La Prieure du Couvent des Clarisses
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Nice
Département : Alpes-Maritimes
Région : Provence-Alpes-Côte-D'Azur
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Lisette Lévy

Mme Glika Rappaport

M. Raphaël Rappaport

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Soeur Anne-Marie était la mère supérieure du couvent des Clarisses à Nice. Pendant l'Occupation, l'établissement, avec le vigoureux encouragement de Monseigneur Paul Rémond (q.v.), abrita de nombreux enfants juifs que leurs parents avaient confiés aux religieuses. Parmi ces petits se trouvait Glika Rappaport, née à Neuilly-sur-Seine en mai 1936. Ses parents étaient venus habiter Nice lors de l'arrivée des Allemands à Paris. Lorsque la ville de Nice fut à son tour occupée en septembre 1943, les Rappaport jugèrent prudent de mettre leurs enfants en sécurité. Ayant entendu dire chez un épicier de la ville que les religieuses du couvent acceptaient de cacher des Juifs, madame Rappaport leur envoya Glika, qui avait sept ans, et Raphaël, qui en avait onze. Tous deux furent cachés avec d'autres enfants dans une cabane située à l'extrémité du jardin du couvent et bénéficièrent des soins attentifs et du dévouement des soeurs. L'aînée du groupe était Lisette Lévy, née à Vienne en Autriche en 1929. Elle avait vécu à Nice jusqu'à ce que ses parents, arrêtés lors de la rafle d'août 1942, aient été déportés dans les camps de concentration. Lisette s'était alors retrouvée à la rue, comme d'autres enfants juifs dans la même situation. Ils s'étaient mis à suivre soeur Emmanuelle. S'en apercevant, cette dernière les avait conduits au couvent où la mère supérieure leur réserva un accueil chaleureux. Malgré leur détresse, les enfants gardèrent un souvenir heureux de leur séjour au couvent. Les religieuses ne cherchèrent aucunement à les convertir; bien au contraire, elles leur apprirent à préserver leur foi et à respecter leur identité juive. Avant la Pâque juive, elles essayèrent, sans succès, de trouver pour eux du pain azyme. Un prêtre franciscain venait apprendre l'hébreu aux enfants. Certes, ces derniers devaient assister à la messe, mais c'était pour éviter tout soupçon et ne pas attirer l'attention. Soeur Anne-Marie, qui supervisait l'opération, risquait sa vie, comme soeur Emmanuelle et soeur Rose. Pendant toute la période de la guerre, des enfants juifs se succédèrent au couvent pour des périodes plus ou moins longues. La Gestapo fouilla l'endroit plus d'une fois; les religieuses réussirent à protéger les petits fugitifs en les cachant dans une école pour sourds-muets. Toutes trois rencontraient ceux des parents qui se trouvaient encore à Nice pour les rassurer sur l'état de leurs enfants. Après la guerre, nombre d'enfants restèrent en contact avec les soeurs qui leur avaient sauvé la vie.

Le 23 janvier 1991, Yad Vashem a décerné à Henriette Gret (en religion soeur Anne-Marie), soeur Emmanuelle et soeur Rose le titre de Juste parmi les Nations.