Bouquey Louise

Bouquey Gérard

Année de nomination : 1992      Dossier n° 5319 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Louise Bouquey (née Reix)
Date de naissance : 30/04/1910
Date de décès : 04/05/1997
Profession : Mère au foyer
Particularité : Catholique

M. Gérard Bouquey
Date de naissance : 06/02/1910
Date de décès : 06/10/1978
Profession : Ouvrier agricole
Particularité : Catholique

Localisation

Localite : Barenton
Département : Manche
Région : Basse-Normandie
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 19 janvier 1994
Lieu : Hôtel de Lassay Paris (75007)

Personnes sauvées

M. Jacques Waver

M. Louise Waver

Mme Hélène Waver

Mme Perla Waver (née Rachsztajn)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Gérard Bouquey   Louise Bouquey Abraham et Perla Waver, des Juifs de Varsovie, avaient quitté la Pologne pour émigrer à Paris avant la guerre. Le 20 août 1941, Abraham fut arrêté chez lui et interné à Drancy, puis déporté à Auschwitz où il périt le 7 mai 1942. Sa femme était restée à Paris avec leurs trois enfants : Jacques, six ans, Louis, quatre ans et Hélène qui avait tout juste deux mois. Au début de l'année 1943, sur les conseils d'une voisine, Perla confia les deux garçons à des religieuses de Belleville qui se consacraient à la sauvegarde d'enfants juifs. Elles envoyèrent les deux petits chez une certaine Madame Pasquet, qui habitait Barenton, dans la Manche. Ils y passèrent plusieurs mois. Madame Pasquet s'en occupait à merveille et n'eut de cesse qu'elle ait convaincu Perla de venir elle aussi avec le bébé. Lorsque Perla arriva à Barenton, Madame Pasquet lui trouva un logis temporaire dans une ferme abandonnée, à deux kilomètres environ du village. Lorsque l'hiver arriva, la jeune femme loua pour une somme modique une pièce dans la maison de Gérard et Louise Bouquey, qui habitaient dans le centre du village avec leurs cinq enfants. Au début, les Bouquey ignoraient que leurs locataires étaient Juifs; ils étaient convaincus qu'il s'agissait de Parisiens fuyant les horreurs de la guerre. La presse et la radio étaient remplies d'avertissements sévères émis par les Allemands et précisant les peines prévues pour toute personne cachant des Juifs. Gérard Bouquey conseilla un jour à Perla Waver d'aller se faire inscrire comme réfugiée à la mairie. Cela aurait mis toute la petite famille en danger, et, affolée, Perla à genoux révéla en sanglotant qu'elle était juive et supplia l'homme d'avoir pitié des trois petits. Gérard Bouquey, qui n'avait jamais vu un Juif de sa vie, fut atterré; il se hâta de prendre conseil auprès de la gendarmerie locale. Heureusement, les gendarmes du village se montrèrent humains et le calmèrent. Lui promettant de garder le secret, ils l'assurèrent qu'ils l'aideraient à protéger les réfugiés des Allemands. Rasséréné, M. Bouquey accepta de continuer à loger les Waver, malgré le danger pour sa propre famille. Perla et les siens restèrent donc à Barenton, se faisant passer pour des Français comme les autres : les enfants fréquentaient une école catholique au village, se rendaient à la messe et aux autres manifestations religieuses et jouaient avec les petits Bouquey. Pendant toute cette période Gérard et Louise assuraient aux réfugiés nourriture et soutien moral. Ils n'étaient pas seuls à Barenton à faire preuve de compassion. Les gendarmes et les membres du conseil municipal apportaient du bois de chauffage, et beaucoup d'habitants avertissaient Perla dès qu’ils voyaient arriver des militaires allemands. Ils savaient que les réfugiés étaient Juifs mais faisaient semblant de ne pas être au courant. On peut donc dire qu'ils s'associèrent aux Bouquey pour cacher les Waver et leur sauver la vie. Lors du Débarquement en Normandie, Barenton, qui se trouvait sur la route menant à la côte, fut bombardée par les Alliés. Les Bouquey décidèrent de quitter la ville pour se réfugier chez des parents; ils emmenèrent les Waver avec eux, leur sauvant la vie une nouvelle fois. Les Waver n'oublièrent jamais leur abnégation pendant ces années difficiles, et les familles restèrent longtemps en contact après la guerre.

Le 3 juillet 1992, l'Institut Yad Vashem a décerné à Gérard et Louise Bouquey le titre de Juste parmi les Nations. 

 

Gérard Bouquey avec sa femme et son bébé dans les bras Louise Bouquey pendant la guerre