Kettschau Kurt

Kettschau Marthe

Kettschau Charles

Année de nomination : 1971      Dossier n° 537 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Kurt Kettschau
Date de naissance :
Profession : 21 ans
Particularité : Information non disponible

Mme Marthe Kettschau
Date de naissance :
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

M. Charles Kettschau
Date de naissance :
Profession : Contremaître à la mine de charbon locale
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Collobrières
Département : Var
Région : Provence-Alpes-Côte-D'Azur
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Jakob Hepner

M. Elie Hepner

M. Georges Hepner

Mme Marianne Hepner (née Aberdam )

Mme Ruth Hepner (née Schwartz )

M. Fritz Hirsch

M. Martin Strauss

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Vers la fin de l’année 1938, après la Nuit de Cristal, la famille HEPNER quitte l’Allemagne pour Paris. En juin 40, après l’armistice, elle fuit de nouveau et s’installe à Bandol, dans le Var. En mai 1941, Jakob HEPNER et son fils Elie sont arrêtés et assignés à résidence à Collobrières, également dans le Var, sous l’étroite surveillance de la police. Les autres membres de la famille viennent les rejoindre mais en se cachant.

A Collobrières, Jakob entretient de bons rapports avec les gendarmes qui le surveillent et il se lie également avec un Allemand, Charles KETTSCHAU, qui a obtenu la nationalité française avant la guerre et qui est contremaître à la mine de charbon locale. Ce dernier obtient à Jakob un faux permis de travail qui lui permet d’être embauché à la mine.

Le 25 août 1942, grâce à ses bonnes relations avec les gendarmes, ceux-ci le préviennent que toute la famille sera arrêtée le lendemain à 6h. A 23h, les HEPNER quittent leur cachette pour se rendre, en compagnie de deux autres Juifs, également sur la liste des arrestations prévues, Martin STRAUSS et Fritz HIRSCH, qui demandent à Charles KETTSCHAU s’il peut cacher au moins l’un d’entre eux. Charles répond : « pas seulement un mais tous », soit 7 personnes en tout.

Charles KETTSCHAU et sa femme sont des gens très modestes. La maison, au centre du village,  ne se compose que de deux pièces et une cuisine. Ils donnent leur lit à Madame HEPNER et ses filles et tous les autres dorment par terre.  Pendant cinq mois  ils partagèrent leur logis et leurs maigres provisions.

Un jour les gendarmes se présentent au domicile de Charles à la recherche de Juifs ; Charles proteste énergiquement « comment pouvez-vous chercher des Juifs chez moi, je suis Allemand ! »

Lorsque le fils KETTSCHAU, Kurt, âgé de 20 ans, qui était absent lorsque ses parents avaient accueilli les réfugiés, rentra chez lui, il comprend immédiatement la situation et félicite ses parents pour leur courageuse action.  Et il les aide à cacher et nourrir les réfugiés.

Fritz HIRSCH tente de passer en Suisse et est hélas pris et déporté. Tous les autres restent chez les KETTSCHAU jusqu’en 1943. Mais le ravitaillement est difficile et les risques de dénonciation sont grands dans une petite localité comme Collobrières. Finalement les HEPNER et Martin STRAUSS se sauvent grâce à deux gendarmes et gagnent la Savoie où ils trouvent asile jusqu’à la Libération. Quand ils voulurent payer pour leur entretien, les KETTSCHAU refusèrent toute rémunération.

Le 19 octobre 1971, Yad Vashem a décerné à Marthe KETTSCHAU, son mari Charles et leur fils Kurt, le titre de Justes parmi les Nations.