Golliet Alfred

Golliet Pierre

Golliet Jeanne

Année de nomination : 1993      Dossier n° 5797 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Alfred Golliet
Date de naissance : 22/02/1888
Date de décès : 07/06/1966
Profession : Chef de la gare routière
Particularité : Information non disponible

M. Pierre Golliet
Date de naissance : 13/03/1917
Date de décès : 23/03/2004
Profession : Professeur de français
Particularité : Information non disponible

Mme Jeanne Golliet (née Mabboux)
Date de naissance : 08/01/1895
Date de décès : 27/11/1961
Profession : Chef de la gare routière, mère de 3 enfants
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Thônes
Département : Haute-Savoie
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 13 février 1994
Lieu : salle polyvalente d'Argonay ()

Personnes sauvées

M. Armand Lowenthal

M. Isidore Lowenthal

Mme Régine Lowenthal (née Berwald)

Mme Cécile Maurice (née Lowenthal)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Vers la fin de l'année 1940, une famille juive d’Anvers, les Lowenthal - le père, la mère, le fils Armand et la fille Cécile, qui avaient tous deux une vingtaine d'années -, s'enfuirent de Belgique et passèrent en France où ils comptaient franchir la ligne de démarcation pour se réfugier en zone sud. Arrêtés par la police française, ils furent assignés à résidence à Thones, en Haute-Savoie. Les Golliet habitaient cette ville de longue date. Mari et femme travaillaient à la gare centrale des autocars et étaient logés dans le bâtiment de la gare. Leur fils Pierre, qui avait 27 ans, sympathisa avec Armand tandis que leur fille Madeleine, qui faisait des études d'assistante sociale, devint l'amie de Cécile. A la fin du mois d'août 1942, une trentaine de Juifs étrangers ou apatrides, qui avaient été assignés à résidence à Thones, furent arrêtés. La plupart furent remis en liberté; toutefois les Golliet, craignant une nouvelle rafle, décidèrent de venir en aide à leurs amis juifs en leur trouvant une cachette plus sûre. Ils hébergèrent Armand à leur domicile, dans une pièce qui servait de débarras. Jeanne Golliet lui apportait ses repas avec tant de discrétion que son jeune fils Jacques, âgé alors de douze ans, ne s'aperçut pas de la présence d'un étranger chez eux. Pierre Golliet fournit au jeune homme de faux-papiers au nom d'Adrien Louvet - prenant soin de garder les initiales de son vrai nom pour lui faciliter les choses. Grâce à ces pièces, Armand quitta Thones et s'inscrivit à l'université de Lyon pour l'année universitaire 1942/1943. Pendant ce temps, ses parents avaient trouvé une compagnie de déménagements prête, moyennant forte somme, à leur faire passer la frontière suisse à bord de son camion. Lorsque ledit camion arriva au milieu de la nuit, Jeanne Golliet prévint les déménageurs que, s'il arrivait quelque chose, "la résistance s'occuperait d'eux". L'opération se déroula sans encombre et peu de temps après, en septembre 1942, les Golliet empruntèrent la même méthode pour aider la famille Schidelov à gagner la Suisse. Madame Klipper, autre réfugiée d'Anvers, dut la vie aux faux-papiers que lui procura Pierre Golliet. Lorsque ce dernier vint rendre visite à ses parents pendant les vacances de 1943, il apprit qu'une vieille dame juive de quatre-vingt ans s'était retrouvée seule et sans ressources après la déportation de sa fille et de son gendre. Il lui vint en aide, et lui apporta de la nourriture. En "échange", elle avait avec lui de longues conversations en allemand...

Le 8 septembre 1993, Yad Vashem a décerné à Alfred et Jeanne Golliet et à leur fils Pierre, le titre de Juste parmi les Nations.