Bigot Anne-Marie

Année de nomination : 1993      Dossier n° 5934 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Anne-Marie Bigot (née Gallier)
Date de naissance :
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Loches
Département : Indre-et-Loire
Région : Centre
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Micheline Markowicz

Mme Léa Markowicz

Mme Jenta Rozenbaum

Mme Myriam Rozenbaum

Mme Chana Tolman (née Zygier)

M. Jacob Zygier

Mme Annie Zygier

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Lorsque la guerre éclata, Anne-Marie Bigot vivait à Loches, dans l'Indre et Loire. En juin 1940, ce département, coupé en deux par la ligne de démarcation, devint une zone tampon entre le nord de la France occupé par les Allemands et le sud sous contrôle de Vichy. Anne-Marie était mariée à Arnold Rozenbaum, un juif polonais, et le couple avait deux fillettes. Plusieurs membres de la famille de son mari habitaient Tours, le chef-lieu du département. La ville se trouvait du mauvais côté de la ligne de démarcation tandis que Loches était en zone sud. Après les rafles de juillet 1942 visant les Juifs de Tours et en premier lieu les Juifs étrangers, Anne-Marie aida plusieurs Juifs de sa famille à franchir la ligne de démarcation pour venir se réfugier dans la maison de Loches et en d'autres lieux sûrs. Bien que le Cher, qui faisait office de frontière naturelle entre le nord et le sud, soit patrouillé régulièrement par les Allemands, la jeune femme traversa courageusement la rivière en bateau près de Bourre avec sa belle-soeur, Léa Markiwicz, et sa fille Micheline, âgée de quatre ans. Après cette traversée, qui s'effectua sans encombre, elle prit soin de la mère et de l’enfant jusqu'à la Libération. Environ deux mois plus tard, elle traversa de nouveau la rivière, mais à gué cette fois, avec sa belle-mère, Jenta Rozenbaum. C'était d'autant plus risqué que la vieille dame parlait le français avec un si fort accent polonais qu'il les aurait trahies toutes deux si une patrouille les avait surprises. Une autre belle-soeur avait été arrêtée en juillet 1942; son mari avait réussi à s'enfuir auprès de son frère Arnold à Loches. Myriam, leur fille de quatorze ans qui n'était pas sur la liste des Juifs à déporter, se retrouva seule dans l'appartement des parents à Tours. Dans le même immeuble vivaient les petits Zygier - Annie, treize ans et demi et Jacob, huit ans; eux aussi se retrouvaient seuls, leurs parents et leur grande soeur ayant été déportés. Lorsqu'Anne-Marie apprit la déportation de sa belle-soeur, elle partit chercher sa nièce à Tours. Elle rentra à Loches avec Myriam, les enfants Zygier et un adolescent juif enfui de Paris qui avait demandé de l'aide à Myriam dans la rue en voyant son étoile jaune. Anne-Marie Bigot hébergea les quatre jeunes juifs pendant près de deux ans et s'en occupa avec dévouement. Elle avait donc couru les plus grands risques à plusieurs reprises, à la fois en faisant passer la ligne de démarcation à des Juifs et en cachant des Juifs chez elle.

Le 22 décembre 1993, Yad Vashem a décerné à Anne-Marie Bigot le titre de Juste des Nations.