Delaunay Didier

Année de nomination : 1994      Dossier n° 6092 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Didier Delaunay
Date de naissance : 27/02/1895
Date de décès : 1974
Profession : Directeur de l'hôpital de Bayonne directeur de l'hôpital local de Valréas
Particularité : Résistant

Localisation

Localite : Valréas
Département : Vaucluse
Région : Provence-Alpes-Côte-D'Azur
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Georges Epchtein

Mme Georgette Kaminker

Mme Madeleine Léon

M. Aude Léon

Mme Simone Signoret (née Kaminker)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Le docteur Didier Delaunay, directeur de l'hôpital de Bayonne, habitait à Anglet sur la côte atlantique entre Bayonne et Biarritz. Mobilisé au début de la Seconde guerre mondiale, il fut démobilisé en décembre 1939; il avait alors 44 ans. Affecté par la défaite de la France et la signature de l'armistice avec l'Allemagne en juin 1940, il rallia la Résistance et apporta son aide aux Juifs qu'il connaissait. En septembre 1941, les autorités ayant eu vent de ses activités, il dut quitter Bayonne, qui se trouvait en zone occupée. Après avoir franchi la ligne de démarcation, il alla s'installer en zone libre à Valréas, petite commune du Vaucluse, et devint directeur de l'hôpital local. Il se servit de sa position pour cacher des réfugiés qu'il engageait comme employés. Didier Delaunay écrivit à un certain nombre de ses amis et connaissances juifs à Bayonne, leur proposant de venir s'abriter dans son établissement. Il sauva ainsi plusieurs familles et notamment M. Léon et ses deux filles, Madeleine et Aude. M. Léon était professeur de philosophie au lycée de Bayonne. Aveugle, il était totalement dépendant de ses filles. En réponse à l'invitation du directeur, ils arrivèrent tous les trois en septembre 1942 à l'hôpital de Valréas, munis de faux papiers et cartes d'alimentation. Malgré leurs efforts pour ne pas se faire remarquer, l'infirmité du professeur attirait l'attention. Georges Epchtein, qui avait vingt ans, s'était enfui de Biarritz; hospitalisé à Valréas il survécut à l'Occupation. Le jeune homme avait fait la connaissance du médecin par l'intermédiaire de son fils Jacques, qui avait été son camarade de classe et était resté son ami. Madame Kaminker, engagée comme aide-blanchisseuse, trouva également refuge à l'hôpital pour elle-même et ses jeunes enfants. Dans son autobiographie, "La nostalgie n'est plus ce qu'elle était", publiée en 1989, Simone Signoret, la plus célèbre de ses filles, raconte : "J'étais allée les voir un jour à Valréas. Il y avait le soleil et pas les Allemands; enfin, pas encore. J'avais eu l'impression qu'ils étaient là très à l'abri.... " (page 89). Dénoncé par un mouchard en avril 1943 - peut-être parce que la présence du professeur Léon et de ses filles avait été remarquée - le docteur Delaunay fut emprisonné dans la ville d'Orange, à trente-cinq kilomètres au sud de Valréas. Toutefois, il fut rapidement remis en liberté grâce à l'intervention du maire de Valréas et d'un chef de service de l'hôpital. Tous les Juifs cachés dans l'établissement avaient eu le temps de fuir et survécurent à l'Occupation.

Le 22 mai 1994, Yad Vashem a décerné au docteur Didier Delaunay le titre de Juste des Nations.

 

Didier DELAUNAY automne 1942 de gauche à droite Madame Delaunay Georges Epchtein Gilbert D Léon Aude