Flageollet François

Année de nomination : 1994      Dossier n° 6159 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. François Flageollet
Date de naissance : 17/01/1922
Date de décès : 2004
Profession : Prisonnier de guerre
Particularité : Ouvrier dans une usine de textile il s'negage dans l'armée française

Localisation

Localite : Burgeau
Département : Information non disponible
Région : -
Pays : Allemagne

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Régina Goldberg

Mme Rose Treibicz (née Glassman)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Vers la fin de l'année 1943, Rose Glassman, après avoir été transférée de camp en camp, arriva au camp de concentration de Burgau en Allemagne. A vingt-et-un ans, elle se retrouvait seule au monde, ayant perdu toute sa famille pendant la guerre. A Burgau elle rencontra Régina Goldberg, une détenue de son âge; les deux femmes se lièrent d'une amitié qui leur permit de survivre. Elles travaillaient chez deux de leurs geôliers,qui les avaient prises comme bonnes à tout faire, chargées du ménage, de la cuisine et des courses. Malgré leur situation relativement privilégiée, elles souffraient de malnutrition comme les autres internés. En mars 1944, alors qu'elle faisait des courses, Rose rencontra François Flageollet, jeune Français de son âge interné dans le camp international de Burgau où les conditions étaient meilleures que dans celui des prisonnières juives. Voyant que la jeune femme semblait mourir de faim, François se présenta et lui demanda comment il pourrait l'aider. "Donnez moi un peu de pain" fut la réponse. A partir de ce jour là, le jeune Français se rendit tous les soirs à un point convenu, le long de la clôture électrifiée séparant le camp international du camp juif, pour lancer deux sandwiches - un pour Rose et un pour son amie, que Rose lui avait présentée comme sa soeur. Un soir, les sandwiches furent accompagnés d'un message : François suggérait aux deux femmes de venir dans son camp en passant sous la clôture; il leur avait trouvé une cachette dans un tunnel désaffecté et était sûr de pouvoir s'occuper d’elles. Elles refusèrent, craignant que cela ne leur coûte la vie à tous trois. Il continua néanmoins à les aider pendant sept mois, jusqu'à son transfert de Burgau. Pendant les derniers mois de la guerre, les deux femmes furent elles-aussi transférées dans un autre camp mais survécurent. Après la guerre François Flageollet chercha ses protégées et retrouva leurs noms sur une liste des survivants établie par la Croix-Rouge. Il écrivit à Rose Glassman, qui avait émigré au Canada. Tous deux continuèrent à correspondre pendant près d'un demi-siècle, mais sans jamais se revoir.

Le 12 juin 1994, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à François Flageollet le titre de Juste parmi les Nations.