Chaigneau Germaine

Leblond Mireille

Année de nomination : 1994      Dossier n° 6367 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Germaine Chaigneau (née Joubert)
Date de naissance : 02/12/1892
Date de décès : 24/05/1972
Profession : Femme au foyer
Particularité : Information non disponible

Mme Mireille Leblond (née Chaigneau)
Date de naissance : 17/01/1920
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Paris
Département : Paris
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Alice Dugowson (née Loudmer)

Mme Huna Loudmer

Mme Jocheved Loudmer (née Wainberg)

Lieux de mémoire

Le parcours sonore des Justes de Paris
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Au début des années 30, Huna et Jocheved Loudmer émigrèrent de Roumanie en France, s'installant à Paris. Pour gagner leur vie, ils faisaient des travaux de couture et avaient loué un atelier dans le vingtième arrondissement. Les Chaigneau, leur fille Mireille et son mari, habitaient la maison voisine, qui avait un petit jardin. Les deux familles entretenaient des relations de bon voisinage. Lorsque la guerre éclata, les deux Français furent mobilisés. Ils furent faits prisonniers par les Allemands. Germaine Chaigneau et sa fille se retrouvèrent seules à la maison. Les Loudmer continuèrent à travailler dans leur atelier jusqu'en juillet 1942. La grande rafle des Juifs parisiens les convainquit de la nécessité de se cacher. En effet, deux mois environ après la rafle, ce fut le tour des réfugiés juifs roumains d'être arrêtés. Huna et Jocheved ainsi que leur fille de six ans, Alice, ne durent leur salut qu'à l'intervention de leurs voisines Germaine et Mireille, qui les hébergèrent de septembre 1942 à la libération de Paris en août 1944. Pendant toute cette période, les Loudmer travaillèrent pour un tailleur italien; le peu d'argent qu'ils gagnaient leur permettant de subsister. Chaque jour, il leur fallait se rendre au travail, et cela les exposait au risque d'être arrêtés et contrôlés, or ils n’avaient pas de papiers en règle. Mireille les accompagnait régulièrement, les prenant bras dessus bras dessous et parlant haut et fort, et sa gaieté et son accent typiquement parisien dissipaient les soupçons des policiers. C'est ainsi que les réfugiés purent survivre jusqu'à la Libération. Ensuite, ils voulurent rentrer chez eux immédiatement. Mireille leur dit : "Vous avez attendu si longtemps, attendez donc encore quelques jours." Le lendemain, l'immeuble des Loudmer fut détruit par un bombardement allemand. Qui sait ce qui leur serait arrivé sans l'insistance de la jeune femme?

Le 26 décembre 1994, Yad Vashem a décerné à Germaine Chaigneau et à sa fille Mireille le titre de Juste parmi les Nations.