Saulnier Lucienne

Wurth Eugène

Wurth Marie

Année de nomination : 1995      Dossier n° 6569A -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Lucienne Saulnier (née Wurth)
Date de naissance : 1921
Date de décès : 13/11/2018
Profession : Sans profession
Particularité : Catholique

M. Eugène Wurth
Date de naissance : 19/12/1879
Date de décès : 05/01/1959
Profession : Entrepreneur, Propriétaire d'une petite entreprise de peinture décoration,employé chez Bulher
Particularité : Catholique

Mme Marie Wurth (née Gouget)
Date de naissance : 21/09/1888
Date de décès : 19/10/1958
Profession : Sans profession
Particularité : Catholique

Localisation

Localite : Besançon
Département : Doubs
Région : Franche-Comté
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 21 juin 1996
Lieu : Besançon ()

Personnes sauvées

Mme Jacqueline Ribeiro Alves ( née Sevi)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jacqueline Sevi, fille de Juifs originaires de Turquie, qui habitaient le 16ème arrondissement de Paris, avait six ans lorsque les Saulnier (q.v.) proposèrent à ses parents de lui trouver une cachette sûre où elle n'aurait pas à craindre d'être arrêtée. En septembre 1942, Adrien Saulnier escorta la fillette chez la famille Wurth à Besançon (Doubs). Lucienne Wurth, alors âgée de vingt et ans, était fiancée au frère d'Adrien, qui avait rejoint les Forces Françaises Libres du général de Gaulle. Elle habitait chez ses parents, Eugène et Marie Wurth. Jacqueline fut reçue chaleureusement et traitée comme si elle faisait partie de la famille. Avant son départ, son père lui avait expliqué que, pour sa sécurité, elle devrait adopter les coutumes des gens chez qui elle allait vivre. C'est ce qu'elle fit. Les Wurth l'inscrivirent à l'école sous leur propre nom; la fillette allait à la chorale de l'église avec Lucienne et, le dimanche, se rendait à la messe avec toute la famille. Il y eut pourtant une voisine pour faire des réflexions sur les boucles brunes de l'enfant et ses yeux noirs. Eugène Wurth lui déclara sans ambages que si quelque chose arrivait à l'un des membres de son foyer, elle le regretterait. Il demanda également au curé de la paroisse de lui adresser quelques paroles bien senties. Impressionnée, la voisine se tint tranquille. Adrien Saulnier revint de Paris avec le coffret à bijoux que lui avaient confié les Sévi; Eugène Wurth retira une dalle de la salle de bains, creusa un trou, y plaça le coffret, referma le trou et remit la dalle en place. Le coffret resta chez eux jusqu'à la Libération. Jacqueline, elle, quitta sa famille d'adoption quelques mois avant la fin de l'Occupation pour aller rejoindre ses parents et son frère, réfugiés à Mouthiers-Hautepierre, au nord de Besançon. C'est à regret que la fillette quitta sa famille adoptive. Les liens tissés pendant ces années difficiles entre les Saulnier, les Wurth et la famille Sévi qu'ils avaient sauvée, ont perduré après la guerre.

Le 25 avril 1995, Yad Vashem a décerné à Eugène et Marie Wurth ainsi qu'à leur fille Lucienne le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

La famille Sévi venait d’Istanbul et s’était installée en France. Le père Albert Sévi était négociant en pierres précieuses. Il s’était marié avec Mathilde Alfandary et en 1935 ils avaient eu une petite fille prénommée Jacqueline. Ils étaient installés à Paris.

La voisine de palier se nommait Marguerite Saulnier. Elle était l’amie de la Maman de Jacqueline. Devant la situation difficile avec les bombardements sur Paris, le mari Adrien Saulnier emmena Jacqueline chez Eugène et Marie Wurth dans les environs de Besançon. Ils avaient une fille Lucienne.

Lorsqu’Adrien Saulnier demanda aux Wurth s’ils voulaient bien recevoir chez eux une petite fille juive, Madame Wurth répondit : « qu’est ce que c’est que ces histoires de religion, mais bien sûr que nous la prendrons, où va-t-elle aller cette petite ! »

Les Wurth s’occupèrent avec beaucoup d’amour de Jacqueline, l’entourant de leur affection de l’automne 1942 à l’été 1944. Jacqueline allait à l’école à Saint-Claude sous le nom de Jacqueline Wurth. Comme les autres enfants de son âge, elle allait le dimanche à l’église et le jeudi au patronage pour éviter tout commérage et toute suspicion. Elle fit sa communion.

A la fin de la guerre, Jacqueline retrouva ses parents.