Dufor Andréa

Dufor Jean-Bertrand

Année de nomination : 1995      Dossier n° 6674 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Andréa Dufor
Date de naissance : 01/12/1908
Profession : Information non disponible
Particularité : Information non disponible

M. Jean-Bertrand Dufor
Date de naissance : 21/03/1901
Profession : Directeur d'une école communale et du cours complémentaire
Particularité : Chef de la résistance locale

Localisation

Localite : Montréjeau
Département : Haute-Garonne
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Alexandre Askienazy

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jean-Bertrand Dufor était directeur d'une école primaire à Montréjeau, en Haute-Garonne. Il était fermement opposé au régime de Vichy. Avant même que les Allemands aient occupé le sud de la France, il s’engagea dans la Résistance. Aucune manifestation d'antisémitisme n'était tolérée dans son établissement. En novembre 1942, lorsque les Allemands occupèrent la zone libre, Jean-Bertrand et sa femme Andréa persuadèrent la famille Askienazy de leur confier leur fils de onze ans, Alexandre. Environ trois mois plus tard, les Askienazy décidèrent de tenter de passer en Suisse. Le père offrit de l'argent à Jean-Bertrand, pour le cas où il lui arriverait quelque chose et où le jeune garçon devrait rester chez les Dufor. Le directeur répondit qu'il n'en était pas question. Les Askienazy arrivèrent en Suisse sains et saufs; ils ne rentrèrent en France qu'après la Libération. Pendant toute cette période Jean-Bertrand et Andréa Dufor s'étaient occupés d'Alexandre avec dévouement et compassion, sans chercher la moindre rémunération.

Le 13 juin 1995, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Jean-Bertrand Dufor et son épouse Andréa le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

La famille Askienazy vivait à Montréjeau (Haute-Garonne), comme une vingtaine d'autres familles de juifs étrangers que les autorités de Vichy avaient assignées à résidence dans cette ville, à 35 km de la frontière espagnole. Cependant, grâce à l'aide de certains Français de l'endroit, la plupart réussirent à s'échapper avant ou après l'entrée des Allemands dans le sud de la France à partir de novembre 42. Plusieurs personnes contribuèrent ainsi au salut de Manes et Rejzel Askienazy et de leurs deux garçonnets qui, en 1942, avaient respectivement 5 et 11 ans. Marien et Jeannette Augendre avaient loué le rez-de-chaussée de leur maison aux Askienazy durant l'été 1940. Tout le monde savait qu'ils étaient juifs mais personne ne s'en préoccupait. Lorsque les Allemands occupèrent la région, les Juifs se trouvèrent tous menacés de déportation. Les Augendre, qui habitaient à l'étage au-dessus, proposèrent de prendre Serge, le garçonnet de 5 ans chez eux. L'aîné fut envoyé chez les Dufor, qui le cachèrent. Serge apprit à appeler les Augendre " parrain " et " marraine " de façon à ce que personne ne s'étonne de voir un aussi jeune enfant chez ce couple de gens âgés.
Par leur geste, les Augendre entendaient sauver des vies mais aussi manifester leur opposition à l'occupation allemande et au régime de Vichy. L'enfant resta chez eux pendant deux mois. Les Askienazy réussirent ensuite à quitter discrètement la ville et à passer en Suisse.