Vernusse Marie-Louise

Vernusse Jeanne

Année de nomination : 1996      Dossier n° 6966 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marie-Louise Vernusse
Date de naissance :
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

Mme Jeanne Vernusse
Date de naissance :
Profession : Vendeuse dans une boutique de lingerie
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Clermont-Ferrand
Département : Puy-de-Dôme
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 28 janvier 1997
Lieu : Clermont-Ferrand (Hôtel de ville) ()

Personnes sauvées

Mme Yvette Cousty (née Krajn)

Mme Suzanne Martinez (née Krajn)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jeanne Vermusse, jeune femme célibataire d'une trentaine d'années, vivait à Mont Ferrand, faubourg de Clermont-Ferrand, avec sa mère. Elle était vendeuse dans un magasin de lingerie. En 1942, elle fit la connaissance de M. Krajn, un Juif qui vivait seul avec sa petite fille de cinq ans, Yvette, dans une petite pièce au dessus d'un café très fréquenté. Il était séparé de sa femme, qui avait la garde de leur seconde fille, Suzanne. Jeanne offrit immédiatement de prendre la petite qui fut accueillie chaleureusement par Mme Vermusse. Suzanne étant elle aussi en danger, Jeanne et sa mère la recueillirent également. Jeanne présentait les deux petites filles comme ses nièces. Elle les inscrivit à l'école municipale sous son propre nom. Dans leur témoignage après la guerre, Yvette et Suzanne évoquent leur existence chez les deux femmes, qui se privaient toutes deux pour que les fillettes aient assez à manger, car elles n'avaient que des moyens fort modestes ; Jeanne avait un maigre salaire et sa mère ne travaillait pas. Lorsque le bruit courut que la police cherchait des enfants juifs, Jeanne, inquiète, cessa d'envoyer les petites à l'école; chaque soir, en rentrant du travail, elle leur apprenait à lire, à écrire et à compter. Une voisine menaça de dénoncer les deux gamines. Jeanne les plaça en toute hâte chez une famille de St. Gervais d'Auvergne, qui accepta de les héberger moyennant le paiement d'une pension. Jeanne trouva les fonds nécessaires; elle continua à rendre visite aux petites chaque fois qu'elle le pouvait. Après la Libération, les Krajn vinrent chercher Yvette et Suzanne, mais restèrent en relations avec les deux femmes. Dans son témoignage, Yvette dit clairement que la maison de Jeanne était son deuxième foyer : "Les premiers pas de mon fils se sont faits dans leur jardin." Jeanne ne se maria jamais. Elle dit plus tard qu'elle voyait en Yvette et Suzanne ses propres enfants et que leurs enfants étaient pour elle des petits-enfants.

Le 24 mars 1996, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Jeanne Vernusse ainsi qu'à sa mère, le titre de Juste parmi les Nations.