Piguet Gabriel

Murat Marie-Angélique

Année de nomination : 2000      Dossier n° 6968 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Monseigneur Gabriel Piguet
Date de naissance : 24/02/1887
Date de décès : 03/07/1952
Profession : Evêque
Particularité : Information non disponible

Mère Marie-Angélique Murat
Date de naissance : 24/01/1900
Date de décès : 28/05/1980
Profession : Supérieure du Pensionnat Sainte Marguerite,Religieuse
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Clermont-Ferrand
Département : Puy-de-Dôme
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 28 janvier 1997
Lieu : Mairie de Clermont-Ferrand ()

Personnes sauvées

M. Michel Askienazy

M. Jean-Pierre Berkovitz

Mme Claudine Bollack(née Goetschel)

Mme Janine Faïn

Mme Jeanine Goetschel

M. Maurice Jonas

M. Joseph Jonas

Mme Régine Kallish (née Faïn)

Mme Marianne Lévy(née Goetschel)

Mme Nadine Thiberville (née Faïn)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Gabriel Piguet

Gabriel Piguet Mgr. Gabriel Piguet, ancien combattant de la Guerre de 1914-1918, avait été grièvement blessé et décoré de la Croix de guerre. À la tête de l’évêché de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) depuis 1933, il apporta, après la débâcle de 1940, un soutien affiché au maréchal Pétain, « le vainqueur de Verdun », et s’inscrivit à La Légion française des combattants, un des supports de la « Révolution Nationale ». Mais grand patriote, l’invasion de la zone libre par l’armée allemande et l’intensification de la répression contre les opposants au régime et les Juifs, lui révélèrent une autre réalité qui l’amena à favoriser le sauvetage de Juifs par des institutions catholiques de son diocèse. Nadine Faïn, 11 ans, ses deux sœurs et une cousine furent placées par ses soins au pensionnat « Sainte Marguerite » à Clermont-Ferrand, pendant un an. La directrice laïque de l’institution, Marie Lafarge*, était la nièce de Mgr. Piguet. Y furent hébergées aussi Claudine Goetschel, 9 ans, et ses deux sœurs durant l’année 1943-44. Après l’arrestation de leurs parents, l’Ècole libre de filles de Vernet-la-Varenne, supervisée par Sœur Marie-Angélique, prit le relais. Maurice Jonas, 15 ans, et son frère Joseph, 13 ans, furent inscrits, pour l’année 1942-43, à « Saint-Pierre » de Courpière. Les deux garçons furent suivis par le directeur, le Père Delaire, et Mgr. Virollet, vicaire général de l’évêché, sur recommandation de Mgr. Piguet qui avait promis à leur mère qu’ils ne seraient pas convertis. Le petit Jean-Pierre Berkovitz, 1 an, et ses grands-parents furent cachés, sur l’intervention de Mgr. Piguet, chez les Sœurs de « Saint-Joseph du Bon Pasteur » à Lezoux. De même, les deux jumeaux Chaimowicz, 10 ans, furent hébergés par les Frères des Ècoles Chrétiennes, à Chapdes-Beaufort, pendant deux ans. Arrêté à la cathédrale de Clermont en mai 1944, Mgr. Piguet fut déporté à Dachau pour avoir protégé des prêtres résistants. Seul évêque de France à avoir subi la déportation, il en revint en 1945.             

Le 7 novembre 2000, Yad Vashem a décerné à Monseigneur Gabriel Piguet le titre de Juste parmi les Nations.

Marie Angélique Murat

Marie-Angélique Murat état la Mère Supérieure du couvent Sainte-Marguerite à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). C'est là que trouvèrent refuge, au début de l'année scolaire 1942/1943, les soeurs Fain - Nadine, Régine et Janine - venues de Paris, ainsi que les soeurs Goetschel - Claudine, Janine et Marianne - originaires de Limoges. Toutes y arrivèrent. Les sœurs Fain avaient été envoyées par Monseigneur Gabriel Piguet, évêque de Clermont-Ferrand, dans cet établissement qui abritait aussi un certain nombre de filles de résistants. A l’instar de la Mère Supérieure, la directrice de l'école, Marie Lafarge, se montrait particulièrement chaleureuse vis-à-vis de ses jeunes protégées juives. Sitôt que des Allemands venaient opérer un contrôle au couvent, une cloche sonnait dans les classes "menacées". Chacune des salles de cours avait une seconde porte donnant sur la rue, et les professeurs l'ouvraient immédiatement pour permettre aux adolescentes juives et aux filles de résistants de prendre la fuite. Les autres élèves ignoraient leur identité. Dans leurs témoignages après la guerre, les survivantes évoquent toutes la chaleur, la tolérance et le dévouement de la Mère supérieure, de la directrice et des enseignantes. Pendant les vacances de Pâques de 1943, l'une des religieuses, Irène Guillaume, envoya les trois jeunes Fain chez sa soeur Marthe, qui était pharmacienne à La Tour d'Auvergne. Elles y séjournèrent deux semaines. Ce n'était pas la première fois que Marthe cachait des Juives; elle le fit pendant de longues périodes tout au long de l'Occupation. En été 1943, M. Fain fut arrêté et déporté. Sa femme vint chercher ses filles et toutes quatre se réfugièrent dans le Lot. Les soeurs Goetschel demeurèrent au couvent jusqu'à la Libération.

Le 12 mars 1996, Yad Vashem a décerné à Mère Marie-Angélique Murat, Marthe Guillaume et Marie Lafarge le titre de Juste parmi les Nations.