Pontonnier Marie

Martin Marie-Louise

Année de nomination : 1996      Dossier n° 7017 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Marie Pontonnier (née Martin)
Date de naissance :
Profession : Agricultrice
Particularité : Information non disponible

Mme Marie-Louise Martin (née Molliere)
Date de naissance : 27/02/1892
Profession : Agricultrice
Particularité : Mère de 3 enfants

Localisation

Localite : Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs
Département : Isère
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Lucien Kokh

M. Benjamin Kokh

Mme Rosa Kokh (née Goltzmann)

Mme Tania Otchakokowski

M. David Otchakowski

Mme Marie Otchakowski (née Kokh)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Quand la guerre éclata, Marie-Louise Martin, qui était veuve, habitait avec ses trois filles, toutes adultes, à Saint-Etienne-de-Saint-Geoir (Isère). Les habitants de ce village se divisaient entre partisans et opposants du régime de Vichy et de l'Occupation. La famille Kokh s'était enfuie de Neuilly-sur-Seine avec son petit garçon de cinq ans, Lucien, après l'arrestation des grands-parents de l'enfant lors de la grande rafle de juillet 1942. Arrivés en zone sud, les Kokh errèrent d'un endroit à l'autre avant d'arriver en 1943 à Cour, localité située non loin de Saint-Etienne-de-Saint-Geoir. Se présentant sous le nom de M. et Mme Hiver, ils trouvèrent un logement et un emploi chez des paysans. Un peu plus tard, ils s’installèrent chez les Martin, qui mirent à leur disposition deux pièces et une petite cuisine. Ils y demeurèrent environ un an, participant à la cueillette des noix, effectuant des travaux de couture et aidant comme ils le pouvaient pour payer leur écot. Marie-Louise Martin, dont les trois frères ne cachaient pas leur sympathie pour les Allemands, savait que ses locataires étaient juifs. Elle accepta pourtant de leur donner asile et de les protéger. Dans son témoignage après la guerre, Lucien Kokh raconte avoir vu une ferme incendiée par les Allemands parce que des Juifs ou des résistants y avaient été cachés. Madame Martin avait alors manifesté son inquiétude, mais le père de Lucien avait fait appel à sa conscience. Catholique pratiquante, la veuve s'était laissée convaincre de continuer à héberger les fugitifs. C'était une décision d'autant plus courageuse que plusieurs habitants du village étaient au courant, et notamment le tenancier du bistrot situé de l'autre côté de la rue. L'établissement était fréquenté par des soldats allemands, et le cafetier proclamait parfois que tout le village risquait d'être détruit à cause des Juifs qui habitaient chez les Martin. Les Allemands étaient nombreux dans la région du fait de la présence d'un réseau actif de résistance. Tout résistant capturé était exécuté sommairement. Le petit Lucien, que tout le monde appelait Loulou, se souvient avoir été traité avec affection et chaleur par les trois demoiselles Martin et notamment Marie-Joseph ("Mijo"). Lorsque quatre parents de la famille Kokh, les Otchakovsky, vinrent frapper à la porte de la veuve, celle-ci les accueillit et leur trouva un asile. C'était pourtant l'époque la plus dangereuse, et tous les réfugiés durent aller passer plusieurs nuits dans la forêt pour échapper aux Allemands qui patrouillaient le village. Après la guerre, les filles de Mme Martin restèrent liées avec les deux familles qu'elles avaient sauvées.

Le 23 juin 1996, Yad Vashem a décerné à Marie-Louise Martin et à sa fille Marie Pontonnier, le titre de Juste parmi les Nations.