Berger Maurice

Année de nomination : 1996      Dossier n° 7042 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Maurice Berger
Date de naissance : 03/03/1901
Date de décès : 27/04/1945
Profession : Officier de gendarmerie
Particularité : Résistant, organisation ORA

Localisation

Localite : Riom
Département : Puy-de-Dôme
Région : Auvergne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 28 janvier 1997
Lieu : Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand ()

Personnes sauvées

M. Herbert Herz

M. Alter Wasjbrot

M. Szoël Wasjbrot

M. Isaac Wasjbrot

Lieux de mémoire

Rue Maurice Berger
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Maurice BERGER article Le TREFLE  n 70 - mars 1997 berger photo médaille médailles souvenir Dépôt de gerbes La petite-fille de Maurice Berger dévoile la plaque

Maurice Berger, officier de gendarmerie à Riom dans le Puy-de-Dôme, faisait partie de l'Organisation de résistance de l'armée (O.R.A.). Il ne ménageait pas ses efforts pour sauver les Juifs. La famille Herz avait fui l'Allemagne en 1934 pour chercher refuge en France avec leur fils Herbert, qui n'était alors qu'un enfant. Ils s'installèrent d'abord à Dijon, puis, après la défaite en 1940, ils passèrent en zone sud non occupée et furent assignés à résidence à Chateauneuf-les-Bains. Herbert était pensionnaire à Riom. Après avoir passé son baccalauréat, il rentra chez ses parents en juillet 1942. Dans la soirée du 26 août, la police française se présenta au domcile de nombreux Juifs de Chateauneuf et en arrêta plusieurs; les Herz furent épargnés. Ce jour là, Herbert s'était rendu à bicyclette à Riom pour renouveler sa carte d'identité. Sur le chemin du retour, il fut interpellé par la police et conduit au commissariat de Riom. Il était légèrement vêtu, et on lui permit de téléphoner à ses parents pour demander une valise de vêtements. Le commissariat ne disposant pas de cellules pour garder les prisonniers la nuit, le jeune homme fut conduit, à pied et poussant sa bicyclette, jusqu'au poste situé dans le centre ville. Passant devant une boulangerie, Herbert demanda la permission de s'acheter du pain. Le boulanger le reconnut, comprit la situation et lui vendit du pain sans lui demander de tickets d'alimentation. Peu après l'arrivée du jeune prisonnier au poste de police, le commandant le fit venir et lui déclara : "Jeune homme, je vais vous libérer. Vous allez complètement oublier où vous avez passé la soirée. N'en parlez à personne. Partez, et que je ne vous revois plus." Herz sauta sur sa bicyclette et rentra chez lui. Le commandant était Maurice Berger; il venait de recevoir un coup de fil du directeur de l'école du jeune Juif, qui avait appris par le boulanger que son élève avait été arrêté. En décembre de la même année, Berger sauva également - au mépris des ordres de ses supérieurs - la vie de huit membres de la famille du tailleur Wasjbrot qui s'étaient enfuis de Paris et avaient trouvé refuge dans la petite localité de Davayat, dans le Puy-de-Dôme. Il les fit prévenir par sa secrétaire qu'une rafle de tous les Juifs du village devait avoir lieu le lendemain matin. Les Allemands découvrirent le nom de Berger et de 18 de ses camarades sur des listes de membres de la résistance trouvée lors d'un raid sur un quartier général clandestin de l'organisation. Arrêté, Berger fut déporté à l'est. Brisé par les tortures physiques et morales subies dans des camps de Tchécoslovaquie et de Pologne, il mourut du typhus le 27 avril 1945, 24 heures seulement avant la libération de son camp par les Alliés.

Le 12 mars 1996, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Maurice Berger le titre de Juste parmi les Nations.

 

Exposition: Désobéir pour sauver