Guillaud Jean

Guillaud Renée

Année de nomination : 1996      Dossier n° 7184 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Jean Guillaud
Date de naissance : 24/12/1915
Profession : Médecin dans la marine
Particularité : Information non disponible

Mme Renée Guillaud (née Delvaux)
Date de naissance : 20/05/1916
Profession : Sans profession mère de 1 enfant
Particularité : Enceinte en 1944

Localisation

Localite : Saint-Jean-en-Royans
Département : Drôme
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Margot Maier

Mme Erna Wasserman

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Jean Guillaud habitait Toulon; il était médecin dans la marine. En novembre 1942, lorsque la flotte française se saborda en rade de Toulon, il quitta la ville avec sa femme Renée et Danielle, leur petite fille, pour aller se réfugier à Saint-Jean-en Royan, dans la Drôme. Située sur le plateau du Vercors, la région fourmillait de maquisards qui se battaient contre les Allemands. Jean Guillaud les aidait de son mieux en leur procurant du matériel médical. En juillet 1943, Jean et sa femme furent contactés par des émissaires du cardinal Gerlier (q.v.) qui leur demandèrent de donner asile à des jeunes femmes juives. Cette opération de sauvetage était organisée par l'OSE, assistée d'un réseau de prêtres français. C'est ainsi que Margot, une jeune fille de dix-neuf ans, trouva refuge chez le médecin. Originaire d'Allemagne, elle avait été expédiée en 1940 avec toute sa famille - quinze personnes - au camp d’internement de Gurs. L'OSE réussit à la faire sortir en 1942, tandis que le reste de sa famille était déporté à Auschwitz, d'où aucun ne revint. La jeune fille fut d'abord hébergée dans une institution appartenant à l'OSE avant d'être envoyée chez les Guillaud. Le couple l'accueillit avec chaleur. Jean lui procura de faux papiers, Renée lui donna des cours de français. Pour sa part, elle s'occupa de leur fillette. La jeune Erna Wasserman, qui avait connu les mêmes souffrances que Margot, trouva elle aussi refuge chez Jean et Renée Guillaud, qui lui conseillèrent de se faire appeler Elise, un prénom qui attirait moins l'attention. Au printemps 1944, les forces alliées établirent un pont aérien pour parachuter armes et ravitaillement aux combattants des maquis du Vercors. Les Allemands répliquèrent par des bombardements intenses qui n'épargnèrent pas Saint-Jean-en Royan. Les Guillaud partirent se réfugier dans une ferme isolée, à environ un kilomètre et demi du village. Peu après, les soldats allemands firent leur entrée à Saint-Jean et massacrèrent tous ceux qu'ils soupçonnaient de cacher des maquisards ou des Juifs. Après la Libération, le docteur Guillon rentra à Toulon avec sa famille et ses deux jeunes protégées qu'il hébergea gratuitement pendant plusieurs mois encore. En janvier 1945, l'une d'elles partit à Paris tandis que l'autre se rendait en Angleterre. Toutes deux finirent par émigrer aux Etats-Unis mais continuèrent à correspondre avec la famille qui leur avait sauvé la vie et qu'elles rencontrèrent à nouveau bien des années plus tard aux Etats-Unis. Margot appela sa propre fille Danielle, du nom de la petite dont elle s'était occupée pendant les années noires.

Le 10 juin 1996, Yad Vashem a décerné à Jean et Renée Guillaud le titre de Juste parmi les Nations.