Pariselle Renée

Pallares Marie-Antoinette

Roche Paulette

Année de nomination : 1996      Dossier n° 7312 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Renée Pariselle (née Pallares)
Date de naissance : 02/10/1925
Profession : Étudiante, venait d'avoir le baccalauréat
Particularité : Information non disponible

Mme Marie-Antoinette Pallares
Date de naissance : 20/02/1903
Date de décès : 1982
Profession : Mère au foyer
Particularité : Information non disponible

Mlle Paulette Roche (née Pallarès)
Date de naissance : 1926
Date de décès : 1989
Profession : Sans profession, cheftaine éclaireuse, monitrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Montpellier
Département : Hérault
Région : Languedoc-Roussillon
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Information non disponible

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marie-Antoinette Pallarès habitait à Montpellier (Hérault) avec ses deux filles, Renée et Paulette, et son fils. En 1942, ses enfants étaient âgés de 14 à 17 ans. Son mari, professeur, avait été mobilisé et envoyé en Afrique du Nord. Au printemps de cette année, Marie-Antoinette fit la connaissance de Sabine Zlatin, une femme juive membre du personnel de la Croix-Rouge. Elle venait en aide aux Juifs étrangers internés dans les camps de la région ou qui avaient dû se cacher faute de permis de séjour. Renée et Paulette, qui faisaient partie des Eclaireuses de France, se chargeaient de porter des colis de ravitaillement préparés par les Eclaireurs Israélites de la ville aux Juifs internés dans les camps. C'est à cette époque que les Pallarès recueillirent la petite Diane Popovsky. Ce bébé de deux ans, né au Luxembourg, avait été interné avec ses parents. Sabine Zlatin, qui venait souvent au camp s'occuper des prisonniers et qui en sortait parfois des bébés dissimulés sous sa cape bleue de la Croix-Rouge, accepta de prendre Diane, à la demande de sa mère. Peu après, les parents de l'enfant furent déportés à l'Est, où Mme Popovsky fut assassinée. Les Pallarès s'occupèrent avec dévouement de la petite Diane qui devint membre de la famille. En 1948, M. Popovsky, qui avait survécu à Auschwitz et qui tentait de refaire sa vie en Union Soviétique, apprit que sa fille vivait en France et vint la chercher à Montpellier. Dans son témoignage, Diane évoque sa douloureuse séparation d'avec sa "maman" Marie-Antoinette, qui fut rendue plus pénible encore du fait que M. Popovsky la plaça dans diverses institutions et lui interdit de contacter les Pallarès. Elle finit par émigrer au Canada avec son père. Bien plus tard, mariée, Diane put reprendre contact avec la famille qui lui avait sauvé la vie. Elle accueillit plusieurs fois à son foyer Marie-Antoinette venue la voir à Montréal; Renée et Paulette vinrent elles aussi au Canada à son invitation. De son côté, Diane se rendit régulièrement à Montpellier. Dans son témoignage elle écrivit : "La famille Pallarès a pris soin de moi et ils m'ont aimée de 1942 à 1949. Ils m'ont sauvé la vie, c'est ce qui m'est arrivé de meilleur dans la vie." Durant l'été 1943, Paulette devint conseillère bénévole de l'orphelinat juif d'Izieu que dirigeaient les Zlatin. Renée se chargea d'y accompagner, pour leur protection, deux adolescentes juives d'Agen. La petite Diane passa cet été dans l'établissement. A chacune de ses visites, Renée photographiait les enfants. La maison d’Izieu connut hélas une fin tragique. C'est grâce à ces photos que, bien plus tard, l'historien Serge Klarsfeld put procéder à l'identification des quarante et un enfants d'Izieu que Klaus Barbie, le commandant de la Gestapo de Lyon, avait fait arrêter et déporter.

Le 6 novembre 1996, Yad Vashem a décerné à Marie-Antoinette Pallarès et à ses filles, Renée Pariselle et Paulette Roche, le titre de Juste parmi les Nations. 

 

Le témoignage

En 1939, Renée vit avec sa mère Marie-Antoinette Pallarès, sa soeur Paulette et son petit frère à Montpellier. Son père, enseignant, est affecté en Afrique du Nord.

En 1942, Marie-Antoinette décide d'apporter son aide aux familles juives persécutées : Paulette est ainsi allée chercher à Lamalou-les-Bains la petite Diane Popowski âgée de 2 ans. Cette petite fille a vécu six ans dans la famille Pallarès avant d'être reprise par ses oncles Popowski, à leur très grand chagrin. Marie-Antoinette a également caché durant plusieurs mois Albert Burka, âgé de 3 ans, qui fut plus tard caché dans la colonie d'Izieu et donc déportée en 1944.

De 1942 à 1944, Renée et sa famille ont, à maintes reprises, ravitaillé des familles juives cachées dans des greniers. Renée s'est également portée volontaire pour convoyer une quarantaine d'enfants juives de 14-15 ans, dont deux seulement parlaient français, jusqu'à Annecy . Renée portait son uniforme scout, comme s'il s'agissait d'un départ en camp d'été. Les Allemands étaient partout dans les trains et les gares mais, grâce à leur rapidité à leur arrivée à Annecy, les enfants sont parvenues sans encombre jusqu'à une maison de religieuses avant d'être envoyées en Suisse.

Renée a convoyé jusqu'à Izieu les petits Paul Nedermann et Théo Reiss. Sa soeur Paulette, quant à elle, a passé tout l'été 1943 à Izieu comme monitrice des enfants réfugiés de l'Hérault.