Epaud Anne-Marie

Année de nomination : 1997      Dossier n° 7844 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Anne-Marie Epaud (née Machefaux)
Date de naissance : 14/11/1900
Date de décès : 20/02/1943
Profession : Commerçante (propriétaire d'un café)
Particularité : Résistante

Localisation

Localite : Auschwitz Birkenau
Département : Information non disponible
Région : -
Pays : Pologne

Cérémonies de reconnaissance

Date : 11 novembre 1998
Lieu : Mairie de Pons ()

L'histoire

EPAUD Anne-Marie déportée le 24 janvier 1943 et gazée à Auschwitz le 20 février 1943 Née en 1900 à la Rochelle (Charente-Maritime), Anne-Marie Epaud entra très tôt dans la vie active. A la sortie de l’école primaire, elle suivit un cours de formation professionnelle et devint repasseuse. Lorsque son père mourut en 1922, la jeune fille, qui était l'aînée de ses sept frères et soeurs, se consacra à les élever. En 1928, elle épousa un marin. Selon le témoignage de son fils Claude, qui avait treize ans lorsque les Allemands arrêtèrent sa mère soupçonnée de faire de la Résistance, c'était "une femme généreuse, pleine d'initiative, fidèle en amitié, avec un besoin permanent d'aider les démunis." Le 24 janvier 1943 , Anne-Marie Epaud fut déportée au camp de Birkenau, où étaient internées plusieurs autres femmes françaises, accusées d'activités anti-allemandes, et notamment Adelaide Hautval (q.v.) et Marie-Claude Vaillant- Couturier. Lors du procès de Nuremberg, cette dernière a évoqué la tragique histoire d'Anne-Marie, connue au camp sous le nom d'Annette. Toutes deux étaient incarcérées au bloc 26 de Birkenau. En face, le bloc 25 était réservé aux prisonnières condamnés à l'extermination, privées d'eau et de nourriture. Voici ce qu'elle a déclaré : 'Un jour, une de nos compagnes, Annette Epaud, une belle jeune femme de trente ans, passant devant le bloc, eut pitié de ces femmes qui criaient du matin au soir dans toutes les langues, "à boire, à boire, à boire, de l'eau!". Elle est rentrée dans notre bloc chercher un peu de tisane mais au moment où elle la passait par le grillage de la fenêtre la Aufseherin l'a vue, l'a prise par le collet et l'a jetée au bloc 25. Deux jours après, montée sur le camion qui se dirigeait à la chambre à gaz, elle tenait contre elle une autre Française, et au moment où le camion s'est ébranlé, elle nous a crié : "pensez à mon petit garçon si vous rentrez en France". Puis elles se sont mises à chanter la Marseillaise. Anne-Marie Epaud, assassinée à Birkenau le 23 février 1943, savait que la plupart des prisonnières du bloc 25 étaient juives. Elle savait aussi qu'elle risquait sa vie en leur donnant à boire.

Le 5 novembre 1997, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Anne-Marie Epaud le titre de Juste parmi les Nations. 

 

Anne Marie EPAUD Plaque commémorative